Le président de la République a annoncé un retour obligatoire dans des conditions normales à l'école dès lundi prochain dans les écoles et collèges. Est-ce possible ? Dans quelles conditions ?

Écoles, Collèges : Comment s’organise le retour à la normale ?
Écoles, Collèges : Comment s’organise le retour à la normale ? © AFP / Damien Meyer

12h30 - 13h : Écoles, collèges : Comment revenir à la normale ? 

Nos invités :

  • Carla Dugault, co-présidente de la FCPE
  • Frédérique Rolet, Secrétaire générale du SNES-FSU
  • Frédéric Marchand, Secrétaire général de l’UNSA Éducation

Extraits de cet entretien :

  • Réactions à l'annonce d'Emmanuel Macron pour un retour dans des conditions normales dans les écoles et collèges le 22 juin

Carla Dugault, co-présidente de la FCPE : "Le président de la République a précisé que les règles de distance physique devaient être respectées partout. Apparemment, l'école est une exception"

Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU : "Ce qui va maintenant être compliqué, c'est de voir comment on applique un protocole, même allégé, parce que quand on entend le président de République dire 'dans des conditions normales', on ne sait pas bien ce que ça veut dire parce qu'il a dit, en même temps, 'il faut dans toute la population garder les gestes barrières'. Or si on garde un mètre entre chaque élève, même latéralement... […]

On apprend toujours au dernier moment. On est dans le flou depuis le début de l'épidémie et les organisations après retombent sur les personnels, qui commencent vraiment à être épuisés.

  • Le protocole allégé aujourd'hui dans les écoles

Frédérique Rolet : "au lieu des 4 m² par élève, un mètre de chaque côté et un mètre en face-à-face. Pas de masque ni de gestes barrières dans les parties communes, mais pour les mêmes groupes - par exemple, les élèves de la sixième A peuvent jouer sans masque mais pas se mélanger avec la sixième B". 

  • Dès Lundi 22, il n'y aura plus d'enseignement à distance ?

Frédérique Rolet : "On ne sait pas. Ce sera effectivement terminé si l'ensemble des jeunes reviennent [elle fait allusion ici aux jeunes que les parents ont envoyés chez des tantes ou des grands parents pendant qu'ils reprennaient le travail]. Est-ce que ce sera vraiment à temps complet ou non ? On peut imaginer qu'il y ait encore un enseignement distanciel…"

  • Le personnel scolaire épuisé

Frédéric Marchand, secrétaire général de l’UNSA Éducation :

On a un vrai souci, c'est qu'aujourd'hui, les chefs d'établissement, les directeurs, les gestionnaires, les inspecteurs sont sous une tension énorme parce qu'on créé un décalage entre les attentes [suite à l'annonce] et les possibilités.

"Ils sont épuisés aujourd'hui, ils ont déjà beaucoup de dossiers à gérer. Depuis le 11 mai, ils ont été au rendez vous. Ils ont été présents pour organiser à chaque fois, réorganiser […] 

Nos collègues ont été vraiment au rendez-vous et se sont mobilisés tout le temps pour l'enseignement à distance. […] Et aujourd'hui, avec les annonces… Beaucoup de gens m'écrivent pour dire "Mais on arrête pas, on a passé des fois des week-ends pour réorganiser notre école, etc. Et là, on nous demande à nouveau de tout réorganiser... Et puis, on n'a toujours pas les informations à quelques jours [de la reprise]". C'est ça qui est difficile aussi. 

  • Pas de dialogue entre le ministère et les syndicats pour organiser / ajuster les choses 

Frédérique Rolet : 

On apprend toujours tout a posteriori, quelquefois par les médias, au mieux le lendemain, des dates qui ont été données par le président de la République…

À chaque étape du confinement (11 mai, 25 mai, etc.), on apprend le lendemain et on commence à travailler sur ce que ça va impliquer très concrètement pour pour l'école. L'École, c'est une organisation complexe, côté pratique (sens de circulation dans les parties communes, cantine, internat, etc.) comme pédagogique. Et donc, ça ne se fait pas comme ça en un tournemain. 

  • Retour à l'école : concrètement, des décalages entre les annonces et la pratique

Frédérique Rolet : "C'est une bonne chose de rappeler que l'école est obligatoire. 

Mais la réalité, c'est qu'une salle de classe, ça fait entre 30 et 40 m² en moyenne. Si vous avez 28 élèves, vous ne les mettez pas en respectant un mètre [latéral].

Donc, on va être obligés quand même de penser des organisations, soit avec un temps incomplet, soit une semaine sur deux… Et il ne reste que deux semaines". 

  • Peut-on espérer une rentrée normale en septembre ?

Carla Dugault : "On souhaite que ça soit la rentrée la plus normale possible, parce que les élèves et leurs familles ont besoin de retrouver une certaine normalité. Après, oui, on est inquiets parce que cette préparation à la rentrée scolaire doit se faire avec l'ensemble de la communauté éducative et les choses ne sont toujours pas enclenchées. Et comme vous l'avez dit, les réunions avec le ministère où on nous fait croire qu'on nous associe à la décision, se passent toujours après : après l'annonce ou après le dispositif qui est décliné. 

Oui, on est plutôt inquiets parce qu'on voit bien que les annonces sont complètement déconnectés de la réalité du terrain, depuis le début et elles sont toujours très insuffisantes puisqu'il y a toujours plein d'interrogations qui restent en suspend et où on attend les réponses"

12h56 : "Carnets de solution" de Philippe Bertrand

La SCIC Kèpos, un "cluster" d’entreprises engagées dans la transition écologique à Nancy. Avec Emmanuel Paul, fondateur 

13h : Le journal

13h30 - 14h : Le grand rendez-vous, le mag

  • "La Terre au carré" de Mathieu Vidard : La chasse en question avec Ludovic Ginelli, sociologue à l’INRAE de Bordeaux
  • Antoine De Caunes et son choix musical : Léon Russel "Tightrope"
  • En attendant que le match reprenne de Philippe Collin : Euro 1976, Antonin Panenka et son coup de génie  

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