Pendant toute la durée de la crise sanitaire, France Inter bouscule sa programmation et propose un grand rendez-vous d'information à la mi-journée, présenté par Bruno Duvic.

Supermarché à Montpellier
Supermarché à Montpellier © Maxppp / Giacomo Italiano

12h30 - 13 h : Les commerces alimentaires à l'heure du confinement : comment éviter les pénuries, protéger les personnels, faut-il réserver ds créneaux au personnes fragiles ? Invités : Thierry Cotillard, PDG d'Intermarché et Franck Thomasse, Président du Syndicat patronal des boulangers-pâtissiers du Grand Paris, avec les questions des auditeurs au 01 45 24 70 00.

Les questions des auditeurs

Ne pourrait-on pas augmenter la limite du paiement sans contact (entre 20 et 30 euros selon les banques) pour éviter d'être davantage contagieux ? Thierry Cotillard : "Il faut prendre toutes les décisions qui nous éviter les risques de contagion : on est en train d'étudier la question et de penser à déplafonner. Aujourd'hui, on demande à tous les consommateurs de favoriser le paiement par carte quand ils utilisent le drive. Ça fait une semaine que les volumes en livraison ont doublé et la plupart des chefs d’entreprises ont pu augmenter les créneaux de livraison, mais la difficulté reste la question de la main d’œuvre de livraison et dans les entrepôts. On est en recherche. Mais on a eu une aide réelle du gouvernement avec le déplafonnement des heures supplémentaires, avec des embauches plus faciles... Les étudiants sont aussi mobilisés s'ils souhaitent venir la semaine en plus du week-end.

Êtes-vous d'accord quand Emmanuel Macron dit qu'il faut poursuivre les activités de la grande distribution, malgré les risques vitaux ? Thierry Cotillard : "C’est vital et le président a raison : il y a une question de santé publique et d’alimentation des Français. Aujourd'hui ce qui est intéressant, c'est qu'il y a une union et une solidarité des filières : la production quelle qu'elle soit ne s’est pas arrêtée, les agriculteurs et industriels ne sont pas arrêtés, les PME et industries agroalimentaires non plus.

Pourquoi, à l’entrée des Intermarchés, on ne distribue pas des gants en plastiques pour éviter de toucher les caddies peut-être contaminés ? Thierry Cotillard : "Cela se met en place avec le Guide des bonnes pratiques distribué depuis deux jours : on demande aux établissements de désinfecter deux fois par jour les paniers et les caddies, et on travaille à la protection des hôtesses et hôtes de caisse. On a reçu 20 000 plaques de Plexiglas qui vont bientôt être installées pour protéger les caisses". 

Les caissières ont des gants, mais n’ont pas de solutions désinfectantes ? Thierry Cotillard : "Ce week-end, nous allons envoyer du gel dans tous les points de vente et la semaine prochaine, nous aurons la garantie que le volume de gels reçus va couvrir les besoins de l’ensemble des magasins".

Quel est le climat social dans les magasins ? Bruno Duvic rappelle la peur de certains leaders syndicaux qui ont pointé du doigt Leclerc et Amazon, soupçonnés de forcer leurs employés à venir travailler. Pour Thierry Cotillard, "le directeur de chaque magasin est sur le pont et gère 45 personnes, on rassure nos collaborateurs. On a une action qui se met en place, la plupart des salariés du siège sont en télétravail, mais j’ai demandé à ce que ces salariés du siège viennent dans les points de vente, pour aider leurs collègues en caisses ou en rayons.

Mais comment savoir si les chefs d’établissement ne forcent pas les salariés à venir travailler ? Comment garantir le droit de retrait ? Thierry Cotillard : "Je comprends les inquiétudes des leaders syndicaux. L’ensemble de la profession fait des efforts, le niveau d’absentéisme est inférieur à 10%. On a tous les jours une réunion entre le ministère de l'Economie (Bercy) et les distributeurs : il n'y a pas de débrayage massif, les mesures de sécurité sont mises en place et sont là pour rassurer les collaborateurs pour qu’ils puisse travailler sereinement."

Y a-t-il des salariés testés positifs dans votre personnel ? Thierry Cotillard : "Oui, il y a deux cas, il me semble, et les procédures de confinement ont été engagées."

Au 01.45.24.7000, l'un des auditeurs témoigne des manques de son petit magasin de quartier, livrés tardivement par rapport aux grandes enseignes Carrefour, plus grosses et en général plus près de grandes villes. Thierry Cotillard répond tout en donnant son avis de PDG d'Intermarché-Netto : Y a -t-il des choix et des cibles prioritaires dans les magasins livrés ? "On n’opère pas de choix, tous les points de vente sont bien livrés, on est dans la proximité de base, mais il est vrai dans le cas du transport, on peut avoir des carences. Il y a des points de vente qui peuvent ne pas être approvisionnés pendant un ou deux jours. Mais en libéralisant les horaires de transport, le gouvernement nous a aidés. Mais la fermeture des frontières peut limiter l’importation de certains produits étrangers."

A court terme, comment faire avec les légumes et fruits qui viennent d’Espagne ou d’Italie et est-ce que la grande distribution va repenser sa manière de vendre et de s’approvisionner ? Thierry Cotillard : "Concernant les fruits et légumes d’Espagne et d’Italie, cela va poser un problème à court terme, oui et il y a une inquiétude d’écoulement de deux productions en particulier : la production maraîchère française et la production poissonnière." Thierry Cotillard insiste sur ce point en répondant aux nombreuses images de rayons vides qui ont pu tourner sur les réseaux sociaux : "On doit revenir à une consommation normale d’ici le week-end et consommer les filières françaises pour les soutenir. Il y aura un avant et un après la crise du coronavirus : on voit les limites d’un modèle mondial, aujourd'hui."

Alors, pénurie ou pas ? Thierry Cotillard : "Ce qui se passe, c’est qu’il y a des ruptures, mais il n’y a pas de pénurie, le besoin sera couvert."

Qu’en est-il des petits producteurs qui n’ont plus le droit d’aller sur les marchés et de vendre en vente directe ? Est-ce qu’il serait possible d’être sur les parkings des supermarchés avec de petits étals ? Thierry Cotillard : "C’est une démarche qu’il faut avoir. Nous avons déjà une démarche de proximité avec le monde agricole. Si un petit producteur va voir l'Intermarché à côté de chez lui, le directeur saura l'écouter et si ce n’est pas un stand sur le parking, il pourra éventuellement prendre les produits et les vendre.

Comment cela se passe dans les boulangeries en termes de distances de sécurité ? Est-ce respecté  ? Et quid du gel hydro-alcoolique ? Franck Thomasse répond par l'affirmative et précise : "Quelquefois, ce sont même les boulangers eux-mêmes qui font les marquages distants d'un mètre, voire 1m50. Les vendeurs et vendeuses ont du gel hydroalcoolique avec eux, mais pas encore de masques, on les espère bientôt."

Y a-t-il des problèmes d’approvisionnement pour la farine ? Franck Thomasse : "Tout va bien de ce côté-là, on n'utilise déjà que 20% de la production sur l’Île-de-France en temps normal. Tout devrait aller." Les boulangeries peuvent-elles être ouverte 7j/7 ? Est-ce que les patrons boulangers poussent là-dessus ? "Aujourd'hui, on a suffisamment de boulangeries pour pouvoir s’approvisionner tous les jours. Respectons les jours de repos."

La suite du programme

12h55 : Carnet de solutions avec Philippe Bertrand et son invité Jean-Philippe Acensi, délégué général de l'Agende pour l'éducation par le sport.

13h - 13h28 : journal de 13h

13h28 - 13h30 : Ma vie virtuelle avec Sonia Devillers

13h30 - 13h47 : Comment lutter contre la solitude des personnes âgées - Mathieu Vidard reçoit  Annie du Vivier, gérontologue.13h47 : #maviedeconfiné message des auditeurs sur le répondeur ouvert 24h/24 et 7 jours / 7 au 01 56 40 68 68

13h49 - 13h54 : Michka Assayas et son choix musical du jour.

13h54 : Jean-Louis Aubert, invité exceptionnel.

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