La manifestation contre le traité européen hier, va faire monter la pression sur les partisans du non au sein du PS.

« Il faut arrêter de déconner », a prévenu hier soir un responsable socialiste : « ceux qui voteront contre et ceux qui s’abstiendront dans nos rangs seront ciblés ». La menace est claire : le vote sur le TSCG, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, programmé le 8, dans une semaine, sera public. Les vingt socialistes « nonistes », s’ils persistent à s’opposer au texte, en paieront les conséquences, en termes de visibilité au sein du groupe PS. Leur expression dans l’hémicycle et leur présence dans certaines commissions serait réduite. Une sorte de mise en quarantaine...

Plus conciliant, Bruno le Roux, le patron des députés socialistes explique : « voter contre, c’est grave, nous devons tous essayer de convaincre ». Pour Jean-Jacques Urvoas, « l’argument, qui consiste à défendre un non de soutien à François Hollande, ne tient pas la route, au moment où le président demande à ses troupes de dire oui au traité. La dialectique a sa limite », conclut le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, qui souligne le paradoxe suivant : ceux qui vont dire non au traité, envisagent de dire quand même oui à son corolaire, la loi organique relative au pilotage des finances publiques, qui sera votée deux jours après, le 10 octobre. Tout simplement parce que la droite, qui va dire oui au traité, n’est pas sûre de voter en faveur de cette loi organique, que l’UMP juge « trop molle », par rapport à une règle d’or qui aurait impliqué une réforme de la Constitution. De quoi donner le tournis après les atermoiements d’Europe Ecologie-Les Verts.

François Hollande peut obtenir un vote positif au traité avec les seules voix de la gauche ?

« Au Sénat, on l’a dans l’os » avec l’opposition des communistes et des Verts, se désole un soutien du président. Mais l’Elysée croit en une victoire nette, in fine, à l’Assemblée nationale, avec les seules voix de la majorité. D’où la visite de courtoisie de Jean-Marc Ayrault hier matin au congrès du Parti radical de gauche, dont les seize députés soutiendront le oui.

Bernard Cazeneuve est également à la manœuvre. Le ministre délégué aux affaires européennes a même rencontré Pierre Laurent la semaine dernière. En vain. « Si le pouvoir continue comme ça, nous risquons de revivre 1995 dans la rue », a prévenu le secrétaire national du Parti communiste, qui était l’invité de Tous Politiques hier… Le grand soir, si vous préférez, sous une présidence de gauche, après dix années de droite au pouvoir. Encore un paradoxe.

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