Vous nous le révélez ce matin, Dominique Paillé a donc été débarqué de l’Office français de l’immigration.

C’est en vacances, juste après le 15 août, que le président de l’Ofii a reçu un appel de Claude Guéant. Le ministre de l’intérieur lui a appris qu’il serait viré, à la rentrée, de cet organisme d’état chargé du retour volontaire des migrants ou de leur intégration sur le sol français. « L’ordre est venu d’en haut », a expliqué Claude Guéant, sur un ton gêné. En haut, c’est-à-dire Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant nommé Dominique Paillé à la présidence du conseil d’administration de l’office en janvier dernier, pour le remercier d’avoir occupé au côté de Frédéric Lefebvre le poste de porte-parole, pour ne pas dire de porte-flingue de l’UMP. Ancien lieutenant de François Bayrou, Dominique Paillé, comme beaucoup de centristes, avait fini par rallier l’UMP. Mais troublé par le virage droitier de la majorité, il avait récemment rejoint Jean-Louis Borloo, comme Rama Yade ou Yves Jego. Un choix qui lui aura été fatal.

Et pour lui succéder la semaine prochaine, le chef de l’Etat a choisi un ami, l’avocat Arno Klarsfeld, déjà nommé au conseil d’état à l’automne dernier. Petit commentaire de Dominique Paillé, après son éviction : « je pars avec le sentiment du devoir accompli, auprès des personnels de l’office. J’espère que mon successeur occupera cette fonction, comme moi, de manière bénévole ». Et Paillé ajoute : « Sarko m’a pas tué, mais les méthodes sont les mêmes ».

Les idées force Jean-François, avec tout d’abord l’Elysée qui est persuadé que les déclarations de la juge Prévost-Desprez dans l’affaire Bettencourt vont se dégonfler…

L’heure était au soulagement hier soir, dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, quand l’ancienne infirmière de Liliane Bettencourt a déclaré à Marianne qu'elle n'avait « pas parlé de remise d'enveloppes à Nicolas Sarkozy, ni à personne d'autre ». L’Elysée s’inquiète toutefois d’éventuels rebondissements judiciaires mais aussi d’un l’impact négatif auprès de l’opinion.

Jean-François Copé a listé hier, en bureau politique, les messages que ses troupes vont devoir matraquer ce week-end au campus de l’UMP à Marseille. Feuille de route dressée la semaine dernière, au cours d’un diner présidentiel : Premièrement: nous sommes unis. C’est un peu comme au PS … Ensuite, vous tapez à mort sur Guérini et l’affaire de corruption. Enfin, vous dites bien que le prochain président de la République devra savoir gérer, et que seul Nicolas Sarkozy sait faire ça.

Dominique Bussereau, qui a récemment déclaré que Copé devrait "davantage songer à 2012 et un peu moins à 2017" était présent. Et a lu son Canard Enchainé pendant toute la réunion.

Enfin Dominique Strauss-Kahn va-t-il gâcher la rentrée de l’UMP ? S’il rentre dimanche matin à Paris, ce sera en plein discours de clôture du 1er ministre à Marseille. François Fillon pourra dire alors : DSK m’a tuer.

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