Jean-Louis Borloo, en annonçant dans le 20h de TF1 qu’il ne sera pas candidat, a pris de court tous ses amis.

Les Dominique Paillé, Jean-Christophe Lagarde et autres Yves Jego sont tous tombés de l’armoire hier soir. Jean-Marie Bockel l’a eu au téléphone dans la matinée, mais il n’a rien dit. Jean-Louis Borloo n’a prévenu personne, sauf peut-être Hervé de Charette dans l’après-midi. Rama Yade, quant à elle, apprenant qu’il allait parler dans le journal de Claire Chazal, l’a appelé juste avant… et il lui a avoué. Après son sabordage en direct, le patron du Parti Radical a de nouveau conversé avec l’ancienne secrétaire d’état aux droits de l’homme, elle-même sous le choc, et lui a confié : « écoute, je suis rentré à pied, je vais bien, tu verras, on n’aura jamais autant de poids politique ».

Du coup, « l’opération de déborlooisation » a commencé dès la fin du 20h, explique un proche de l’improbable Alliance républicaine écologique et sociale, cette confédération des centres bric-à-brac vouée aux oubliettes, dont Borloo n’a as dit un mot hier soir. Ses amis qui ont rompu les amarres avec l’UMP vont devoir rétropédaler pour ne pas tout perdre.

Mais il y en a un qui n’a pas du tout été surpris, c’est François Bayrou. Le président du Modem expliquait il y a quelques jours que Borloo était dans une situation extrêmement précaire. « Il ne peut pas y aller, parce qu’il ne peut pas être le chevalier blanc contre Nicolas Sarkozy, après quatre années passés au gouvernement, son lien avec Tapie ».

Conclusion chez les centristes de plus en plus déboussolés : la majorité en une semaine s’est trouvé un champion de substitution, Juppé, et un looser, Borloo.

Oui, mais il n’y aura pas de primaire à droite, qui a déjà son candidat naturel …

Nicolas Sarkozy, qui ne décolle décidément pas dans les sondages. 68% des Français le voient battu en 2012, selon le sondage Viavoice à la une de Libération.

Pourrait-il ne pas se représenter, comme l’a suggéré François Hollande hier ? Eva Joly, la candidate d’Europe Ecologie les Verts, invitée de notre émission Radio France Politique, estime que cette question aurait pu être tranchée avec des primaires au sein de la majorité.

Son Eva Joly.

Enfin, pas de réaction l’Elysée après les injonctions de Ziad Takieddine: l’intermédiaire mêlé au dossier Karachi réclame une entrevue avec Nicolas Sarkozy avant mercredi. « Ce monsieur est formidable », explique l’entourage présidentiel, « qu’est-ce qu’il veut ? Nous n’avons jamais travaillé avec lui. Tout cela ne regarde pas du tout le président ». Pas de rendez-vous donc pour l’encombrant monsieur Takieddine...

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