Quand François Hollande surfe sur la vague Manuel Valls…

« Pour le Président, c’est décidément l’atout Valls », a expliqué hier soir un soutien du ministre de l’Intérieur. C’est grâce à « Manuel » que François Hollande a pu se sortir, un temps, de sa chute dans les sondages, de la crise, du traité européen rejeté à sa gauche, de Montebourg chahuté par les salariés en colère ou des annonces de hausses d’impôts. Et retrouver un peu d’air en endossant le costume régalien du président qui fait preuve d’une nécessaire autorité. Comme son prédécesseur.

Premier épisode, il y a une semaine, après le double meurtre d’Echirolles: c’est l’Elysée qui a demandé à la place Beauvau d’organiser un déplacement sur le terrain, dans le plus grand secret. Matignon, dans un premier temps, a été tenu à l’écart. Jean-Marc Ayrault n’a été informé de l’opération que le plus tard possible.

Deuxième épisode : le coup de filet de samedi. Manuel Valls est allé au 20h. Et c’est le chef de l’Etat qui a fait hier matin, à l’Elysée, sa déclaration d’une grande fermeté à l’égard des terroristes. « François Hollande, parce que l’actualité l’exige, est monté en première ligne, sur un thème fédérateur, la sécurité », analyse l’entourage de Manuel Valls. Et ce en parfaite collaboration pour ne pas dire osmose avec son ministre le plus populaire, qui entretient aujourd’hui un lien direct avec l’Elysée.

Et pendant ce temps, Jean-Marc Ayrault était à Lille ce week-end…

Quand Hollande surfe, Ayrault rame. La photo publiée dans le JDD hier, montrant le Premier ministre hilare, avec Martine Aubry, samedi, dans un wagonnet du train fantôme de l’exposition Lille 3000, est apparue trop décalée, alors que le démantèlement de la cellule djihadiste faisait la une. « Le Premier ministre n’a pas eu de bol », a commenté un membre du PS, se demandant si Jean-Marc Ayrault n’a pas été marginalisé par l’Elysée. Le Premier ministre aura l’occasion de se refaire une santé demain, avec un vote positif à l’Assemblée sur le traité européen, avec sans doute les seules voix de gauche.

Pour finir, cette anecdote qui illustre la relation compliquée entre Elysée et Matignon…

François Fillon évoquait la semaine dernière en privé sa célèbre tirade qui a marqué le début du précédent quinquennat, en 2007 : « je suis à la tête d’un Etat en faillite ». L’ex-Premier ministre a confié, sourire aux lèvres: « c’est surtout le début de la phrase qui a énervé Nicolas Sarkozy ».

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.