Martine Aubry doit annoncer le nom de son successeur. Qui tient la corde ?

Harlem Désir. Le nom a failli sortir du chapeau hier. Mais la désignation du premier signataire du texte majoritaire, qui sera élu nouveau premier secrétaire du PS le 18 octobre, a été repoussée. Ça coince rue de Solférino sur la distribution des postes au sein du parti.

Comment expliquer ce glissement progressif vers le Désir ?

Le choix de Martine Aubry allait pourtant vers Jean-Christophe Cambadélis, un strausskahnien qui l’a soutenue au congrès de Reims en 2008. Mais « elle est en train de le lâcher », expliquait hier matin une source au cœur du PS, « le vent a tourné depuis une dizaine de jours, depuis que plusieurs ministres se sont exprimés en faveur d’Harlem », Stéphane Le Foll, Vincent Peillon, Pierre Moscovici, Manuel Valls et Delphine Batho. Le clan des Hollandais veut exercer un contrôle sur le parti. Cela fait un peu trop, aux yeux de Martine Aubry.

La première secrétaire a cherché à pousser, en vain, la nouvelle génération, Guillaume Bachelay, jeune député fabusien de Seine-Maritime, que François Hollande juge brillant mais qui a inventé le concept de « gauche molle » pendant la campagne des primaires, il pourrait hériter du poste de n°2.

François Hollande a-t-il fait connaître sa préférence ?

Le chef de l’Etat, qui ne s’occupe officiellement pas des affaires du parti, veut un PS en phase avec lui, qui le soutiendra quand ça va tanguer. La décision passe donc évidemment par la case Elysée. Voici ce qu’expliquait hier soir l’un de ses fidèles, membre du premier cercle : « L’actuel n°2, Harlem Désir, qui a occupé l’intérim pendant la primaire, deviendra numéro 1, les autres seront promus, dans la continuité du parti ».

Vous y ajoutez ce sondage Ifop pour Paris Match , qui donne 72% des sympathisants du PS qui préfèrent Désir à Camba 22%. Martine Aubry, sauf revirement, semble s’être rangée derrière un choix de raison. La première secrétaire, présentée, à tort, comme décidant seule dans son coin, veut faire en sorte de réussir sa sortie, et laisser un parti en ordre de marche.

Alors, à quand la fumée blanche rue de Solférino ?

Martine Aubry pourrait annoncer le nom de son successeur avant ce soir minuit, date et heure limites de dépôt des motions, par un communiqué conjoint avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Attention, prudence : c’est comme pour les remaniements ministériels. Tout peut encore arriver dans les ultimes heures.

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