L’Elysée a eu du mal à faire face au coup de tonnerre de Valérie Trierweiler.

Le tweet de la Première dame, publié hier à midi, a provoqué une sorte d’orage magnétique sur la présidence de la République. Plus de communication téléphonique ! Le silence, forcément gêné, de l’exécutif a duré près de trois heures. Un député socialiste du tout premier cercle a cherché- en vain - à joindre son ami président ou le Premier ministre. François Hollande s’est tu à son arrivée au Conseil économique et social peu avant 15h. Embarrassé. Voire « très énervé » selon le Parisien. Ce n’est qu’à partir de ce moment que certains conseillers ont commencé à parler, pour tenter de déminer cette bombe médiatique et politique, évoquée par François Hollande et Jean-Marc Ayrault lors de leur déjeuner.

Comment justifier un tel acte ?

Certains l’ont expliqué, à demi-mots : c’est parce qu’elle a découvert hier matin, dans la presse, le soutien que le chef de l’Etat a apporté à la présidente de Poitou-Charentes, dans sa profession de foi, que Valérie Trierweiler a réagi, en soutenant Olivier Falorni, le dissident. « Il y a, chez Valérie, un côté : lui, c’est lui, et moi, c’est moi. Elle dit ce qu’elle pense, elle a du caractère », confie un ami du couple, qui ajoute, dans un soupir : « elle n’était pas d’accord… Pour elle, Royal est un sujet compliqué ». Une rumeur a couru hier : François Hollande aurait validé son message sur Twitter. « C’est faux, pourquoi aurait-il fait cela ? Pour semer la panique ? Ça n’a aucun sens », martèle une source proche de l’Elysée. Valérie Trierweiler elle-même, interrogée dans la soirée, a assumé son geste.

Parmi les éléments de langage, il y a l’évocation de Danièle Mitterrand…

C’est le précédent, cité en boucle par toute la famille socialiste, quand l’épouse de l’ancien président soutenait notamment Fidel Castro : « on n’en faisait pas tant d’histoires », se rappelle un ancien.

La différence est que les temps ont changé. Le règne de Nicolas Sarkozy a été brouillé par l’omniprésence de la vie privée sur le devant de la scène politique. L’élection de François Hollande sous le signe de la normalité devait être une page tournée sur ces années troublées. Et c’est au fond ce qui a provoqué la stupeur hier : l’intervention de Valérie Trierweiler, dans la campagne des législatives est du jamais vu, et nous ramène au quinquennat précédent. Cette campagne était jusque là un sans-faute pour le président. Et il est difficile d’évaluer l’impact de cette péripétie, ne serait-ce qu’à la Rochelle.

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