François Hollande devant la presse hier, exercice réussi ?

Oui, réussi, difficile de dire le contraire… Le chef de l’Etat l’a joué en deux temps. D’abord solennel, nous l’avons attendu plus de vingt minutes, assis dans un silence théâtral, ne sachant plus s’il fallait se lever – comme l’ont fait ses ministres installés sur le flanc, quand François Hollande est arrivé seul pour lire son discours liminaire, debout derrière son pupitre. Sur un ton volontairement sérieux, didactique. Là, il faisait président. Avant de se muer en maître d’école, parfois en animateur, se mettant les rieurs de son côté, lui qui connaît si bien la presse, comme son prédécesseur…

Et comment a-t-il vécu ce premier grand oral ?

« Il était content et soulagé », confie l’un de ses proches. On n’en saura guère plus. François Hollande, qui a pris un bain de ministres après son show, a rapidement quitté la salle des fêtes, laissant la place à ses conseillers, pour une séance de débriefing, dans un salon de l’Elysée, destinée à déminer certains sujets sensibles… le droit de vote des immigrés ou le financement des réformes… histoire de ne rien laisser en suspens.

Le chef de l’Etat aura largement utilisé le mode « je » ?

Oui, « j’appelle à la négociation », « je suis pleinement responsable », « j’assume », avec des formules censées faire mouche : « je ne prépare pas le sort d’une prochaine élection, mais le sort d’une prochaine génération ». Reste à savoir si cet exercice longue-distance, retransmis en direct sur plusieurs chaines de télés, aura eu une influence sur l’opinion.

François Hollande affirme ne pas s’en soucier ?

« Cette conférence avait un but sur le fond, donner le cap des réformes, nous ne cherchons pas à avoir un quelconque impact sur sa popularité », jure Aquilino Morelle, celui qui a rédigé son discours. Le conseiller du Président explique que remonter dans les sondages au-dessus de 50% serait aujourd’hui « mission impossible », avec une droite trop radicalisée. François Hollande répète qu’il ne soucie pas de l’opinion aujourd’hui, mais dans cinq ans. Au final, il reste cette déclaration, au sujet des récents couacs, dont le chef de l’Etat a parlé alors que la question ne lui a pas été posée : « on fait toujours des erreurs, mais le premier responsable, c’est moi. Ce ne sont pas les ministres, ce n’est pas le Premier ministre, c’est moi, car je suis celui que les français ont élu ». Encore un petit effort, et ce sera peut-être un hyperprésident qui donnera la prochaine conférence de presse dans six mois.

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