Après la polémique provoquée par Vincent Peillon, c’est silence total dans les rangs du gouvernement.

« Tout va bien ». Un simple message hier soir, signé Vincent Peillon, mutique, depuis ses propos sur la dépénalisation du cannabis, dimanche, dans Tous Politiques sur France Inter , qualifiées de peillonnade par ses détracteurs à gauche. Le ministre de l’éducation nationale a respecté la consigne de silence et s’est mis en « mode avion », après son coup de fil passé à Jean-Marc Ayrault hier matin, qui a précédé le recadrage public, un de plus, du Premier ministre. François Hollande, excédé, et Vincent Peillon se seraient même expliqués en prise directe au téléphone. Information au conditionnel. L’entourage du ministre de l’éducation, silencieux lui aussi, ne dément pas. Vincent Peillon se prépare à l’étape suivante : la séance des questions au gouvernement cet après-midi à l’Assemblée nationale. Les quarante-quatre députés de droite qui réclament sa démission ne veulent pas le lâcher. « Nous allons dénoncer la marque de fabrique du gouvernement, le couac permanent », prévient un conseiller UMP. Restent les convictions exprimées par un ministre en exercice. « Il était en accord avec lui-même, à titre personnel, quand il a parlé de dépénalisation », explique l’un de ses proches, qui ajoute : « si c’était à refaire, il ne le redirait certainement pas ».

Cet épisode ne va pas améliorer la communication gouvernementale ?

« Moins vous en direz sur vos sujets brûlants, mieux ce sera ». Voilà en substance le message délivré aux communicants des ministres, dont une bonne vingtaine n’apparait jamais à la lumière. Certains se plaignent de ne plus pouvoir s’exprimer sur leurs dossiers et évoquent un climat de suspicion. Les réunions stratégiques de collaborateurs à Matignon ont cessé depuis un mois, leur contenu filtrait dans la presse. « Chaque passage médiatique doit être validé par les services du Premier ministre, il nous faut un bon de sortie systématique », se lamente le conseiller d’un ministre délégué, dans l’ombre, qui se sent infantilisé, et juge la démarche d’ensemble trop frileuse et atone. Avant de conclure : « ce n’est pas terrible, on ne parle que de com, verrouillée, et plus du tout de politique ».

Pour finir, cette analyse de François Bayrou sur la cacophonie ambiante:

… difficile de communiquer avec un gouvernement aussi pléthorique. Pour le président du Modem, on ne peut pas conduire un attelage à 38 chevaux.

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