Le fait du jour : l’affiche de la campagne présidentielle 2012, Sarkozy contre Hollande a comme un air de déjà vu.

Les deux candidats posent assis, tout sourire, sur des tabourets, un air complice… Souvenez-vous : nous sommes le jeudi 17 mars 2005, en pleine campagne pour le référendum sur la Constitution européenne…

Paris Match titre à la une: « Hollande et Sarkozy, face aux Français en colère ». Le leader de l’opposition, rondouillard à l’époque, sacré trois mois plus tôt homme de l’année par le journal le Point, en compagnie du chef de la majorité, un air encore jeunot, futur candidat à la présidence, appellent tous deux à voter « oui », et répondent aux questions des familles, des chômeurs, des étudiants. Un reportage photo dans les couloirs de l’hebdomadaire les montre devisant devant un bon verre, ou partageant un moment d’intimité lors d’une séance de maquillage. De cet article, les électeurs ne retiendront que le mélange des genres, machine à fabriquer du « non » au référendum. Le PS a reproché cette expérience à François Hollande qui, lui-même, s’est alors fâché quelques temps avec Match pour avoir mis le cliché compromettant à la une.

Mais cette fois, François Hollande et Nicolas Sarkozy sont bel et bien rivaux.

Les angles de tirs contre François Hollande sont déjà prêts : il sera pour la droite « le candidat des médias, de la gauche molle, sans expérience », arguments empruntés à Martine Aubry. L’énarque également, à la tête de la Corrèze, le département le plus endetté de France. « Il y a de quoi faire, la caisse est pleine », ironise l’entourage présidentiel. Cela promet une belle campagne de fond. Nicolas Sarkozy, resté chez lui hier, avec son épouse, dans le 16ème arrondissement de Paris, ne voit pas d’un bon œil ce candidat qui séduit au centre et chez les séniors.

Pour finir, cette initiative surprenante d’un conseiller du président, qui tiendra meeting dans la Corrèze de François Hollande ce samedi, alors que se déroulera au même moment à Paris, à la Halle Freyssinet, la Convention d’investiture du candidat socialiste. Il s’agit d’Henri Guaino, qui va organiser une réunion publique à Egletons, là où Jacques Chirac prononça en 1976 son discours appelant à fonder le RPR.

Cela s’appelle un retour aux sources. Egletons qui a reçu en avril dernier la visite de Nicolas Sarkozy, accueilli comme il se doit par le patron du Conseil général. François Hollande qui avait déclaré : « j’ai compris qu'il venait pour recevoir un brevet de chiraquisme. Quand on vient en Corrèze, ça n'est jamais innocent, parce que c'est un lieu où on forme les présidents».

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