Après l’assassinat d’Antoine Sollacaro, retour sur l’Etat confronté à une violence endémique en Corse.

« On se demande bien pourquoi il y a tant de policiers en Corse ». Ces mots, prononcés hier sur les lieux du crime par l’épouse de maitre Antoine Sollacaro, résument à eux seuls plus de trente années d’impuissance de l’Etat. La guerre entre familles nationalistes, avec pour point d’orgue l’assassinat du préfet Claude Erignac le 6 février 1998, a cédé la place à des règlements de comptes de type maffieux. La gauche, méfiante à l’égard de l’île, n’a pas oublié l’affaire Bonnet dite « des paillotes ». Et le processus de Matignon initié par Lionel Jospin n’a rien réglé. Nicolas Sarkozy, venu près d’une trentaine de fois dans l’île, n’aura pas réussi lui non plus à endiguer une violence qui s’est même aggravée sous sa présidence. Ce que le candidat François Hollande avait dénoncé le 24 mars dernier, lors d’un discours devant la mairie d’Ajaccio.

Son François Hollande.

L’élection de François Hollande n’a - elle aussi - rien changé. « On va faire quelque chose », a pourtant promis le chef de l’Etat il y a deux mois à Dominique Bucchini, le président communiste de l’Assemblée de Corse, lors d’une rencontre à l’Elysée. Résultat : les assassinats se sont poursuivis à un rythme constant depuis le 6 mai, portant leur total à quinze, et une dizaine de tentatives, pour cette année 2012. Peu de ces affaires sont élucidées, malgré une forte présence policière, ce qui choque la population.

Paul Giaccobi a interpellé Manuel Valls sur la question ?

Le député radical de gauche et président du Conseil exécutif de Corse, a demandé au ministre de l’intérieur, le 2 octobre dernier à l’Assemblée nationale, de venir sur place en Corse, comme il l’a fait à Marseille. Et a réclamé le rétablissement d’un préfet de police, afin de coordonner les forces de l’ordre. « Le dispositif proposé à Marseille ne peut pas être transposé en Corse », lui a répondu un Manuel Valls en panne de solution précise. La madame Corse de la place Beauvau, partie en 2011, n’a jamais été remplacée. Le ministre de l’intérieur a promis sa venue prochaine dans l’île avec la garde des sceaux Christiane Taubira. Les évènements les ont rattrapés. Voire dépassés. Un avocat a été assassiné. La robe ne protège plus en Corse. Ce drame souligne l’impuissance et la peur des politiques face à une situation qui les dépasse.

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