Que va devenir l’UMP après une telle soirée ?

Celui qui va sortir du chapeau de la commission de contrôle, la COCOE, sera de toutes les manières « mal élu ».

François Fillon, s’il l’emporte au final, ne disposera pas de cette souveraineté que devait lui conférer un score d’au moins 60/40 prédit par ses amis. Jean-François Copé, qui était donné vainqueur psychologique en début de soirée parce qu’il déjouait tous les pronostics, a perdu son avantage en se déclarant trop vite « grand gagnant » de cette improbable compétition. « Au final, le futur président aura un sérieux problème de légitimité », prédisait hier soir un responsable UMP. « Il va hériter d’un parti divisé. De plus, le débat n’a pas permis de faire émerger une identité nouvelle à droite. Ce n’est pas en répétant les mêmes choses sur les 35h ou les immigrés que nous allons gagner en 2017 ». Pour Bruno Le Maire, « il faudra un renouveau profond des idées et des pratiques de l’UMP si la droite espère un jour convaincre les Français ».

Deux tweets ont retenu votre attention au cours de cette folle soirée…

Tout d’abord, la déception, symbolisée par ce message signé Jean-Pierre Raffarin : « la salade niçoise jette le trouble sur un bel exercice de démocratie. #tristesse », a écrit l’ancien Premier ministre. L’ironie ensuite, au PS, celle de Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois de l’Assemblée nationale : « ils sont forts à l’UMP : réussir à pourrir la seule élection présidentielle qu’ils étaient sûrs de gagner ».

Le malheur des uns fait le bonheur des autres…

Celui du Front National qui se frotte les mains. Louis Aliot, numéro 2 du FN, a lancé, toujours sur Twitter : « ce n'est pas un vote, c'est une farce ». Et ce slogan détourné : « UMP : la droite morte ». Autre déclaration, celle de Maurice Leroy : « pour ceux qui veulent nous rejoindre à l’UDI, c’est tapis rouge. Ils sont les bienvenus dans la maison Borloo». Un ex-ministre conclut : « quel que soit le vainqueur, il nous faut éviter la dispersion entre FN et UDI. L’UMP ne doit en aucun cas devenir le parti croupion ». Reste Nicolas Sarkozy, qui a suivi les résultats heure par heure : « tout cela est bon pour lui », analyse l’un de ses fidèles. « Au fond, les militants n’ont pas tranché, la figure tutélaire s’impose ».

Le congrès de Reims n’a pas empêché le PS de remporter la présidentielle. Le futur président mal élu de l’UMP devra, plus que jamais, compter sur l’ancien président, dont la défaite le 6 mai est pourtant à l’origine de cette fracture profonde à droite.

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