Manuel Valls enterre le projet de récépissé. Est-ce une promesse de campagne non tenue ?

A première vue, ça y ressemble. Jean-Marc Ayrault n’a-t-il pas annoncé avant l’été que le ministre de l’intérieur travaillait à une mesure qui permettrait aux personnes d’obtenir un « reçu » à chaque contrôle de police…

Mais à y regarder de plus près, le projet de récépissé ne figure pas explicitement dans les 60 engagements du candidat François Hollande. Qui s’est contenté d’affirmer – proposition numéro 30 – qu’il fallait « lutter contre le délit de faciès dans les contrôles d'identité, par une procédure respectueuse des citoyens ». Laquelle ? Mystère.

Interrogé sur le thème, durant la campagne, le candidat du PS répondait « pourquoi pas », à la va-vite. François Hollande, le 1er avril dernier, au micro d’Edouard Zambeaux, sur la Chaine parlementaire :

Son François Hollande.

Qui est donc à l’origine de cette proposition ?

Et bien elle figure dans le pacte pour les jeunes du MJS, le mouvement des Jeunes Socialistes, soumis durant l’été 2011 à tous les candidats à la primaire socialiste. Tous ont signé. Il fallait bien séduire les « djeun’z »...

Et qui était derrière le MJS ? Martine Aubry ! L’ex-première secrétaire du PS, qui a d’ailleurs remis le récépissé sur la table, c’était le 28 août dernier, à La Rochelle :

Son Martine Aubry.

Manuel Valls a surtout travaillé à l’enterrement du projet…

Le ministre de l’Intérieur le trouve trop complexe, inefficace, les policiers n’en veulent pas. Et peu importe si le Premier ministre s’en est fait le promoteur. « Jean-Marc Ayrault a abandonné l’idée de s’opposer à nous. Son rôle est de maintenir le cap, et le notre d’assurer la sécurité des Français », explique l’entourage du ministre de l’Intérieur.

Adieu récépissé. Manuel Valls a débarrassé François Hollande d’une patate chaude héritée de Martine Aubry et d’une campagne désormais bien loin dans le rétroviseur.

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