Et si Nicolas Sarkozy était le responsable de la crise d’identité que traverse l’UMP ?

Les langues se délient, à la veille de la convocation de l’ancien président devant le juge à Bordeaux dans l’affaire Bettencourt. Tout le monde ou presque a oublié que le patron de l’UMP, avant le 6 mai, c’était lui, qui dirigeait le parti depuis l’Elysée. Ce que François Hollande avant dénoncé durant la campagne, s’engageant à ne plus le faire s’il était élu, du moins pas aussi ouvertement.

Après la défaite de Nicolas Sarkozy, « la page a été tournée trop rapidement », explique un responsable UMP, qui préfère rester anonyme. Il n’y a pas eu de clarification, pas de droit d’inventaire. Nicolas Sarkozy n’a donné aucune instruction aux cadres du parti, et a laissé les députés sortants se débrouiller seuls aux législatives. « Quand on ne fait pas de testament, les héritiers se battent, et donc la famille se déchire ».

Son influence a pourtant pesé sur l’élection de son successeur ?

Nicolas Sarkozy aura soufflé le chaud et le froid en invitant les uns et les autres à déjeuner, en multipliant les coups de fil et en appuyant en sous-main la candidature de Jean-François Copé, au détriment de celle d’un François Fillon qui voulait s’affranchir de lui. Une figure de l’UMP reproche à l’ancien président de ne pas avoir levé le petit doigt quand a éclaté la crise dimanche. « S’il y avait eu un message de lui, un simple signe de sa part, ça aurait pu aider ».

Certains affirment que le 50/50 entre les finalistes lui assurerait une option retour. Pas sûr, analyse un conseiller UMP, parce que Nicolas Sarkozy ne pourra pas se soustraire à la primaire de 2016. D’ici là, Jean-François Copé, qui vise la présidentielle de 2017, aura ouvert le parti vers le centre, Xavier Bertrand se sera préparé lui aussi, sans oublier François Fillon, qui n’a pas encore fait part de ses intentions. « L’ennui pour Nicolas », ajoute le même conseiller UMP, « est qu’il n’est plus en situation de pouvoir, il ne peut plus nommer ou défaire qui que ce soit, et il ne fait plus peur comme auparavant ». L’ex-président disposerait encore d’un poids moral sur la base des militants. Mais plus vraiment sur les cadres du parti.

Que va-t-il se passer avec les perdants à l’UMP ?

Certains Fillonistes ont laissé des plumes dans la bataille, Valérie Pécresse, ou François Baroin, qui a été tenté par la création d’un groupe parlementaire autonome. François Fillon s’y serait opposé. Après cette campagne assez violente, il va tout de même falloir un peu de temps à Jean-François Copé pour recoller les morceaux avec tout le monde.

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