François Hollande dévisse dans les sondages, pendant que la cote de Nicolas Sarkozy remonte. Mais l’ex-président est-il vraiment désiré ?

« Je pense que son retour sera très difficile, il n’est pas autant souhaité que cela ». Confidence hier d’une personnalité de l’UMP, qui a rencontré l’ancien président en cette rentrée de septembre. Selon elle, Nicolas Sarkozy lui est apparu très « exalté » lors de leur rencontre. Il n’a pas décroché de son ancienne vie, lui qui se dit surpris par la rapidité du décrochage dans l’opinion du couple exécutif Hollande-Ayrault, et qui ne rate pas une miette de la bataille Copé/Fillon.

Que va-t-il faire ? L’ancien président répète à ses visiteurs que sa nouvelle existence lui « plaît plutôt bien », qu’il n’a « aucune envie de retourner à la politique ». Mais les Français auront peut-être envie que je n’échappe pas à mon destin, ajoute en substance un Nicolas Sarkozy qui se voit en recours, en sauveur pour 2017 d’une UMP à la dérive, débordée par Marine Le Pen que lui seul serait en mesure d’affronter.

Ce scenario élaboré par ses amis est contrarié par François Fillon qui fait - pour l’instant – la course en tête dans les sondages pour la présidence du parti : « Si c’est Fillon, ce sera plus compliqué », reconnaît Nicolas Sarkozy en privé.

François Fillon n’a pas l’intention de céder sa place, s’il est élu face à Jean-François Copé…

François Fillon président de l’UMP, ce serait un peu la vengeance de Bernardo : lui aussi « collaborateur » muet dans l’ombre de Zorro, qui retrouverait la parole pour enfin occuper à son tour le haut de l’affiche. « François ira au bout. Il ne se présentera pas à Paris. Pour lui, l’UMP est un passage obligé pour le porter à la présidence de la République », confie l’un de ses plus fidèles soutiens. Et c’est bien cela qui dérange Nicolas Sarkozy : le temps va passer. Même Jean-François Copé ne parle plus de s’effacer, mais de se retrouver « à côté » de l’ancien président.

Retour difficile, donc, à moins que le futur patron de l’UMP ne déçoive ?

C’est le risque, souligné y compris au sein de l’entourage de François Fillon : après une campagne sévère, le vainqueur héritera d’un parti divisé, criblé de dettes. La perte d’un grand nombre de députés a provoqué un manque à gagner, révèle un cadre du parti. Le futur patron risque de s’épuiser dans la reconstruction de l’UMP. Il y aura peut-être alors une opportunité pour un éventuel retour de Nicolas Sarkozy. L’histoire de la reconstruction de la droite n’est pas encore écrite.

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