Après la défaite de la majorité aux sénatoriales, des questions se posent autour de la candidature de Nicolas Sarkozy…

« C’est une vraie belle défaite qui ressemble à une déroute, d’une ampleur inattendue », analyse un ancien conseiller du Président. Le résultat d’hier soir est d’autant plus inquiétant pour la majorité que le grand électeur n’a pas de pulsion : il a voté froidement, pour sanctionner Nicolas Sarkozy et l’UMP. Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, invité hier de Radio France Politique, est sur le même registre.

Le ton à l’Elysée en début de soirée était fataliste : « on prend acte, ils ont gagné, c’est clair, c’est la suite logique des scrutins intermédiaires remportés par la gauche », a expliqué Franck Louvrier, le Conseiller en communication du président. Pas d’autre commentaire.

Le chef de l’Etat va devoir enjamber ces sénatoriales sans se retourner. Mais les nuages s’accumulent pour lui. Les affaires se multiplient et visent désormais ses amis proches ainsi que son mentor, Edouard Balladur, qui pourrait avoir à s’expliquer devant la justice dans le dossier Karachi. Le label UMP est devenu un repoussoir. Quant aux sondages, ils restent scotchés autour de 30% en moyenne. Les Français confrontés à la crise semblent ignorer son succès en Libye. Une voix de la majorité s’interroge : « ça ne sent pas bon pour 2012, cette défaite va susciter un début de panique dans les rangs. Il va peut-être falloir trouver une candidature de substitution ».

La majorité n’en est pas là pour l’instant mais elle se prend à douter. Tous les regards sont tournés ce matin vers l’Elysée. Avec une double interrogation : que va dire Nicolas Sarkozy, comment peut-il donc rebondir.

L’un des vainqueurs de la soirée, Pierre Charon, a eu une surprise en arrivant au Sénat :

« Allez-y, passez, monsieur le sénateur Charon », lui ont lancé hier soir les huissiers à son arrivée au Palais du Luxembourg. « C’est dingue, ils connaissaient déjà mon nom », s’est étonné l’ex-conseiller du président, élu en dissident à Paris. Pierre Charon qui a savouré sa victoire en dinant avec ses soutiens.

Et pendant ce temps, les centristes s’interrogent : mais où est passé Jean-Louis Borloo ? Pas de réaction hier soir, alors que son Alliance a progressé de quatre sièges. Le presque candidat centriste est enfermé chez lui pour mettre la touche finale à son livre programme pour 2012, en attendant son hypothétique candidature, peut-être à la mi-octobre. Commentaire de l’un des amis centristes : « C’est bien, en attendant, il est nulle part ».

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