François Hollande doit gérer le temps présidentiel, alors que les Français s’impatientent.

« L’histoire s’écrit en ce moment, elle n’est pas brouillonne, nous sommes dans le temps normal du gouvernement », expliquait samedi, d’une voix calme, l’un des proches du président. C’est le casse-tête de la rentrée pour l’exécutif, qui a fait l’objet de réunions de cadrage : comment écrire l’histoire du quinquennat, lui donner une visibilité, une clarté, alors que les sondages sont déjà à la baisse.

Pour François Hollande, la question n’est pas de donner du temps au temps, mais de « respecter les rythmes », c’est l’expression utilisée à l’Elysée. «Nous ne sommes pas à la mi-octobre, mais encore fin août. Le changement progressif va s’installer tout au long de la session parlementaire, nous ne devons pas nous placer dans le calendrier des médias », analyse l’entourage présidentiel. En clair, pas de panique.

A chaque conseil des ministres, une réforme : ce mercredi les emplois d’avenir pour les jeunes, la semaine prochaine, le logement, le suivant, le traité européen. Et entretemps, il faut quand même rassurer les Français : l’annonce attendue demain d’une baisse concertée des prix des carburants est censée ôter un peu de stress, de pression, pour cette rentrée, et montrer un gouvernement qui agit.

Le paradoxe de ce début de quinquennat, pointé par un haut responsable socialiste : les Français ont remercié Nicolas Sarkozy, parce qu’ils ne supportaient plus son omniprésence et son hyperactivité. Mais ils reprochent déjà à François Hollande une certaine forme d’inaction.

L’Elysée doit donc trouver le bon tempo, sachant que le changement promis ne va pas pouvoir aller plus vite que la musique parlementaire, et subira sans doute un embouteillage législatif.

Jean-Marc Ayrault va monter en première ligne cette semaine.

Le Premier ministre, jugé trop en retrait par certains socialistes, y compris des ministres, poursuit sa séquence démarrée à la Rochelle, où il a montré ses muscles samedi : le 20h de France 2 ce soir, le Medef mercredi, des déplacements sur le terrain. François Hollande, du coup, ne s’exprimera qu’après, lui aussi à la télévision, sur TF1, la date qui a été repoussée n’est pas arrêtée.

Certains évoquent, à l’avenir, une possible conférence de presse présidentielle, tous les six mois, à la Barak Obama.

François Hollande parie sur la patience des Français, à qui il n’a rien promis à court terme, ce qui joue en sa faveur, en espérant qu’une réplique de la crise n’emporte pas tout sur son passage

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