François Bayrou réunit ses troupes ce week-end à Guidel en Bretagne. Fin de partie pour le patron du Modem ? « Son université d’automne ? Ce sera Zorro contre le reste du monde, la citadelle assiégée ». Voilà ce que disait hier un ex-UDF, un déçu, qui a rejoint Jean-Louis Borloo. François Bayrou doit clarifier sa stratégie politique, brouillée depuis son appel à voter Hollande, le commencement de ses ennuis. Ce sera le thème d’un débat, samedi soir, hors micros et caméras, face à des militants du Modem de plus en plus dubitatifs. Et des élus de plus en plus rares. Quelques uns de ses ultimes fidèles sont allés applaudir Jean-Louis Borloo la semaine dernière, lors de sa mise en orbite de l’UDI, union des démocrates indépendants, énième parti centriste, censé absorber tous les autres. Il y avait là Michel Mercier, l’ancien garde des Sceaux, l’ami de toujours, Olivier Henno, premier vice-président du Lille Métropole de Martine Aubry, Alain Dolium, qui fut tête de liste Modem en Ile-de-France : tous ont signé en faveur d’un Borloo devenu siphonneur des cadres du Mouvement démocrate. Le Modem est aujourd’hui aux abois sur le plan financier, après ses scores électoraux décevants. Finies les universités à Ramatuelle, il a fallu se rabattre sur la Bretagne, moins chère. François Bayrou a pourtant tendu la main à Jean-Louis Borloo… « Du pipeau, du bluff », commente un responsable de la toute nouvelle UDI, qui accuse le président du Modem de vouloir gagner du temps, alors qu’il refuse, au fond de lui, le leadership de Borloo sur le centre. Mais François Bayrou reste convaincu que le nouveau machin centriste ne tiendra pas la distance, que les grenouilles - dit-il - vont toutes sauter de la brouette. Jean-Louis Borloo a mis les conditions : « François peut nous rejoindre, mais sur nos bases, dans l’opposition de centre droit ». Ce que refuse justement le président du Modem, qui depuis dix ans s’oppose à la main mise de l’UMP. Un François Bayrou toujours plus seul, mais qui ira au bout de sa logique. Pour finir, il y aura peut-être une séance de rattrapage pour Ségolène Royal… La présidente de Poitou-Charentes aura tout fait pour croiser François Hollande hier dans l’enceinte de l’ONU à New-York. Ségolène Royal, venue assister à une réunion de l'Internationale socialiste, dont elle est vice-présidente, donnait une conférence de presse improvisée dans un hall quand le président et sa suite sont apparus. François Hollande a dû patienter à distance avant de rebrousser chemin. « Je vais peut-être lui dire bonjour », avait pourtant lâché son ex-compagne. Qui pourrait être du voyage présidentiel à Dakar, dont elle native, le 12 octobre prochain, déplacement auquel participera Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.