L’étonnant mode de désignation du successeur de Martine Aubry à la tête du PS…

« Ce sera le meilleur du Kremlin et le pire du Vatican ». La formule est celle d’un responsable socialiste, qui veut rester anonyme. « Martine Aubry, celle qui a fait souffler un vent de démocratie sur le parti avec la primaire, dit-il, nous a organisé cette fois un conclave de cardinaux à Rome et un vote… soviétique ».

De quoi s’agit-il ? Pour élire le nouveau Premier secrétaire du PS, la règle est relativement simple : les premiers signataires, les numéros 1 si vous voulez, des deux motions arrivées en tête peuvent se présenter. Sur le papier, le match est ouvert. Si ce n’est que Martine Aubry a décidé, au nom de l’unité du parti, qu’il n’y aurait qu’une motion unique. Pas deux, pas trois… une seule ! Et tout le monde dedans. Bon… une partie de l’aile gauche du PS risque bien de proposer la sienne, mais ce sera pour la figuration…

Du coup : le premier signataire de la future motion unique sera automatiquement élu premier secrétaire. Cela se joue entre Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis. Question : comment l’un des deux va se retrouver n°1 ? « C’est une affaire de climat », glisse Camba, avec un sourire mystérieux.

En fait, c’est Martine qui décide.

Et la démocratie dans tout ça ? Ecoutez ce qu’en a dit hier matin le porte-parole David Assouline, lors du point de presse rue de Solferino, au micro de Cyril Graziani :

Son David Assouline.

Sauf que les militants en question n’auront qu’un seul produit en magasin.

Et personne ne proteste ?

Personne ! Un soutien du président a eu cette formule à la Rochelle : « si on râle, Martine risque finalement de rester ». Du coup, personne ne bouge.

François Hollande, qui veut un chef de parti plus neutre, a donc laissé les clefs à la Première secrétaire pour qu’elle organise sa propre succession.

Petit clin d’œil final : la date limite de dépôt de la motion unique est le 11 septembre à minuit - on aurait pu trouver une autre date, ironise un député socialiste. Le vote unique ce sera pour la mi-octobre. Certains ricanent déjà à l’UMP, en pleine campagne pour sa primaire, avec de vrais candidats qui s’affrontent.

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