Le fait du jour : Hervé Morin mènera la bataille présidentielle à peu près seul.

Sa déclaration de candidature hier était un remake du film Un pont trop loin . Les commentaires chez les centristes vont bon train : « Il n’a pas Santini, Leroy, Sauvadet, Lagarde, Charrette, Létard, aucun des ministres et anciens ministres n’est avec lui, aucune tête connue, pas même Lachaud, le président du groupe à l’Assemblée », se désole une personnalité du Nouveau centre. Certains de ses bons amis, hostiles à son cavalier seul, s’en sont donnés à cœur joie. « Bayrou avait perdu ses parlementaires après la présidentielle, Morin lui a réussi l’exploit de les perdre avant », dit l’un d’eux. « En quittant le gouvernement, il faisait 2%, maintenant c’est 0,2% après un an de tournée. Mieux vaut qu’il reste chez lui », ajoute un autre. « Nicolas Sarkozy ne le regarde même pas, ce n’est pas un sujet pour lui. Hervé y va quand même, c’est le seul moyen de rentrer en cour avec le président, il n’ira pas au bout », pronostique enfin un député. La campagne Morin s’annonce un peu compliquée.

Elle va tout de même commencer par un prochain déplacement assez culotté à Hénin-Beaumont, en terre frontiste, ce qui a fait dire à Marine Le Pen invitée hier de Radio France Politique :

SON Marine Le Pen.

Hervé Morin n’a presque pas de soutiens, mais il lui reste le panache.

Nicolas Sarkozy ne veut pas braquer les eurosceptiques :

Il a suffit hier d’un article dans le JDD évoquant la possible création d’un gouvernement supranational à Bruxelles pour que l’Elysée se fende d’un démenti en tout début d’après-midi. « L’état d’esprit de Nicolas Sarkozy n’est pas de redonner des pouvoirs supranationaux à la Commission européenne », a martelé en boucle l’entourage présidentiel. Le chef de l’Etat serait favorable à un gouvernement économique de l’Euro, avec le couple franco-allemand en pointe, et pas plus, explique un de ses proches. Le sujet est sensible : dire qu’il faut donner plus de pouvoir à Bruxelles est synonyme de points perdus dans les sondages avant la présidentielle.

Enfin les Frêchistes sont de retour en Languedoc-Roussillon. L’ex-« dircab » de Georges Frêche, Frédéric Bort, devrait être investi par le PS aux législatives dans l’Hérault. Le purgatoire des amis de feu le président de la Septimanie est terminé.

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