Le fait du jour : le CNOP, le comité national d’organisation des primaires au PS, vient de saisir la Commission des sondages. Pourquoi faire ?

Harlem Désir vient d’écrire à cette instance officielle, pour lui demander d’obtenir de la part des instituts de sondage les notices des enquêtes effectuées sur la primaire, et de les tenir à la disposition des candidats. Le premier secrétaire du PS par intérim réclame également le respect d’un moratoire de 24 heures sur la publication de ces sondages, la veille et le jour-même de chaque tour de scrutin, les 9 et 16 octobre. Le Parti socialiste redoute ce que nous vous avons révélé la semaine dernière dans ce Journal de campagne : que des médias, avec le concours d’instituts de sondages, donnent des estimations de résultats, qui tourneraient en boucle, avant la clôture des bureaux, ce qui fausserait le vote. Harlem Désir invoque l’esprit de la loi : mais elle ne s’applique pas à ce scrutin organisé par un parti politique, le PS. Aucun média radio ou télé n’est tenu de s’y plier. Certains seront sans doute tentés de sortir un joli scoop dimanche prochain, en milieu de journée, qui pourra les en empêcher.

Le deuxième débat télévisé hier soir s’est aussi déroulé sur Tweeter. Avec une attaque des « robots hollandistes » :

C’est Slate.fr qui le révèle : le débat à peine achevé, plusieurs centaines de tweets similaires ont été postés. Le message disait en substance: « au lendemain des primaire, il faudra rassembler les socialistes, les Français ». L’équipe de François Hollande, explique Slate.fr, a repris à son compte une idée des jeunes UMP : il lui a suffi d’appuyer sur un simple bouton du site http://toushollande.fr/ pour diffuser le message en question via des centaines de cobayes numériques et inonder le réseau. Nous sommes entrés dans la campagne Matrix.

Après le débat, retour sur le terrain. Arnaud Montebourg se rend aujourd’hui à Marseille pour y parler notamment de lutte contre la corruption. Le député de Saône-et-Loire, qui avait dénoncé ce qu’il a appelé les dérives du système Guérini, sera flanqué d’un policier d’élite du GIPN. Initiative jugée ridicule par Jean-David Ciot, premier secrétaire de la fédération départementale du PS.

Jean-Noël Guérini, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, mis en examen, ironise dans un communiqué sur « l’expédition coloniale » organisée par le candidat antimondialisation.

Bienvenue à Marseille.

Enfin, œil pour œil à l’Elysée. Face à la déferlante des affaires, fini le silence : Nicolas Sarkozy, attendu aujourd’hui au Maroc, a demandé à ses troupes de riposter, sur le mode : « comme par hasard, ces boules puantes sortent à sept mois des élections ». Le président, selon son entourage, pourrait d’ailleurs répondre lui-même aux attaques. La campagne ne fait que commencer.

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