Le fait du jour : Martine Aubry ouvre les hostilités au lendemain même de La Rochelle.

Avantage Aubry : elle les a tous surpris, en faisant sur le terrain du Ségo, ou du Sarko, avec son opération commando sur le thème de la sécurité. La candidate Première secrétaire, venue hier défier Claude Guéant à Marseille, a piqué au passage le dossier fétiche de Ségolène Royal et de Manuel Valls. Sa formule - « je serai la présidente de la sécurité » - a énervé tous ses rivaux.

« Bonnes intentions, mais propositions insuffisantes, il faut aller au bout des solutions efficaces », explique, un brin donneur de leçon, un communiqué du staff de Ségolène Royal, qui rappelle au passage sa promesse d’instaurer un encadrement militaire des délinquants.

Beau joueur, mais obligé d’avaler la pilule, Manuel Valls se dit ravi d’avoir contribué à ce que ce sujet ne soit plus un tabou. Enfin, François Hollande, agacé, rappelle qu’il s’est déjà rendu à Marseille : « je ne vais pas aller défier tous les jours un ministre », ironise le maillot jaune de la primaire PS. « Nous menons une campagne de fond depuis plusieurs mois, pas une campagne de coups », ajoute son lieutenant Bruno Le Roux. Martine Aubry, obligée d’accélérer pour combler son retard, marque un point. L’unité du Parti Socialiste, clamée à tout bout de champ à La Rochelle, aura duré quelques heures seulement.

A présent les idées force : les candidats à la primaire socialiste redoutent les débats télévisés.

Le premier qui va s’énerver en direct aura perdu. C’est là que la campagne va se jouer de manière décisive. Faut pas se manquer.

Du coup, les états-majors négocient. Une réunion s’est tenue hier au siège de France Télévisions, pour le premier des trois débats, celui du 15 septembre. La formule retenue : une suite d’interviews de chaque candidat, avant un débat à six. Bonne chance.

Et pendant ce temps Nicolas Sarkozy au Cap Nègre prépare son discours. Celui qu’il prononcera demain devant les ambassadeurs, à la veille de la réunion des amis de la Libye. Objectif : capitaliser auprès de l’opinion sur la chute du régime de Kadhafi. Le chef de l’Etat qui se rendra en Géorgie et en Arménie en octobre

Petit souci, enfin, tout de même: la présence d’islamistes aux commandes de la nouvelle Libye. « On fait avec, ce qui compte c’est l’alternance », explique un proche conseiller de Nicolas Sarkozy, qui ajoute : « que voulez-vous, il n’y avait pas que des anges en 1944 au sein du gouvernement provisoire du Général de Gaulle ».

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