Un scénario, aux législatives, donne des sueurs froides à l’Elysée et à Matignon…

Si la gauche remporte ces élections, avec une majorité trop courte, disons avec moins d’une vingtaine de sièges d’avance sur la droite, ce qui est tout à fait possible, il y aura blocage.

Tout simplement parce que 24 ministres sur les 34 que compte le gouvernement sont candidats. Et la plupart d’entre eux, à deux ou trois exceptions près, ont de très fortes chances d’être élus.

Pour plus de vingt ministres, ce sont donc leurs suppléants qui vont s’installer à leur place à l’Assemblée nationale. Jusqu’ici, tout va bien. Si ce n’est que ces suppléants ne pourront pas siéger, et encore moins voter, avant un mois. C'est-à-dire pas avant le 18 juillet prochain. Et ce depuis la réforme constitutionnelle de 2008 voulue par Nicolas Sarkozy, qui permet à un ministre remercié de retourner au Parlement, avec un délai d’un mois de réflexion. Mais aussi, dans l’autre sens, à un ministre nommé de disposer du même délai pour choisir entre rejoindre le gouvernement et rester au parlement.

Et quel serait le problème après les législatives ?

Si François Hollande l’emporte avec une majorité trop serrée, et si une vingtaine de députés PS et Verts suppléants sont empêchés pendant un mois, il lui sera impossible de lancer tout de suite la discussion et le vote sur les premières grandes réformes phares de son quinquennat, le collectif budgétaire.

Mieux encore, il manquera au PS cette vingtaine de députés pour élire le nouveau président de l’Assemblée Nationale pour sa rentrée le mardi 26 juin. L’UMP Bernard Accoyer pourrait même, en théorie, se faire réélire.

Quelle serait la solution alors pour François Hollande ?

Un député socialiste explique que le chef de l’Etat serait obligé de dissoudre le gouvernement, pour laisser les ex-ministres aller siéger afin d’élire Ségolène Royal ou Jean Glavany au perchoir, avant de rappeler tout le monde et reformer le même gouvernement. Ce qui repousserait de quinze jours supplémentaires, fin juillet, le lancement des réformes.

Le scénario est pris au sérieux. François Hollande est allé sur France 2 mardi soir pour demander aux Français de lui donner une majorité claire, c’est-à-dire large.

Pour finir, cette question posée hier à Jean-François Copé :

Peut-on se présenter à la présidence d’un parti politique en cas de défaite aux législatives, un peu comme cette règle qui veut qu’un ministre battu démissionne. Interrogation iconoclaste soumise hier par Nasser Madji au secrétaire général de l’UMP. La réponse de Jean-François Copé :

Son Jean-François Copé.

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