Au programme ce soir : Un athlète dans un train, un surfeur au cinéma et des supporters sur une scène de théâtre.

- Trump ou comment se mettre à dos les sportifs de son pays.

Premier round, vendredi. Lors d’un meeting en Alabama, Trump s’en est pris aux footballeurs américains qui posent le genou à terre pendant l’hymne américain, en signe de protestation contre le racisme et les violences policières. Le Président américain a traités ces sportifs – je cite - de fils de pute avant de les menacer de les faire virer en appelant ses copains propriétaires des clubs de foot américains. La classe.

Hier, second round : Trump s’est fâché avec la NBA, la ligue américaine de basket .Tous les ans, l’équipe championne de NBA est invitée à la Maison Blanche, c’est la tradition.. Mais cette année, deux stars de l’équipe des Golden State Warriors, les champions 2017, Kevin Durant et Stephen Curry, ont annoncé qu’ils n’iraient pas rendre visite à un Président qu’ils contestent.

Un président visiblement vexé qui a donc posté un tweet disant que puisque c’est comme ça, il annule l’invitation aux champions. Fuck you. La grande classe.

De Lebron James à Kobe Bryant, les basketteurs américains ont tous soutenu leurs collègues champions, et même le président de la NBA a déclaré qu’il était fier de ses joueurs. Dans la foulée, l’équipe de North Carolina, la championne universitaire de basket 2017, a elle aussi refusé de se rendre à la Maison Blanche, mais bon puisqu’on vous dit qu’il n’y avait plus d’invitation…

- Trump & sport toujours. On ne choisit pas sa famille.

Si son père n’aime pas le sport, en tout cas pas les sportifs, le jeune Barron Trump, lui kiffe le soccer. Le fils du président vient d’intégrer l’équipe des moins de 12 ans de DC United, le club de foot de Washington, ce qui serait chez nous les juniors du PSG par exemple... Barron joue milieu de terrain et porte le numéro 81. Il serait plutôt doué et tant mieux parce qu’il n’y a que sur lui qu’on peut compter pour redorer le nom Trump sur un terrain de sport.

- Pour Philippe Croizon, il est parfois plus simple de traverser la Manche à la nage que de prendre le TER Rouen-Paris

Boulette. Hier, Philippe Croizon, l’athlète polyhandicapé, qui avait notamment traversé la Manche à la nage, a pris le train. Le TER Rouen-Paris pour être précis. Et il a été contrôlé dans le train et sommé de présenter sa carte d’invalidité.

Croizon, toujours plein d’humour, a posté une photo de lui, sans jambe, ni bras, amusé de l’insistance du contrôleur...

Certes, l’employé de la SNCF était dans son bon droit mais enfin demander à un mec qui n’a pas de bras et pas de jambe de tendre son attestation d’invalidité, on a vu plus malin.

- Surf et cinéma : Bunker Spreckels à l’honneur dans Bunker 77

Ce week-end avait lieu à Paris la 2ème édition du Festival Paris Surf et Skate Film Festival. Le palmarès sera dévoilé ce soir mais je vous donne en avant-première mon coup de cœur à moi : c’est Bunker 77 : un documentaire sur la vie du surfeur Bunker Spreckels réalisé par Takuji Masuda.

Bunker Spreckels c’était une vraie star du surf dans les années 70. Héritier d’un empire du sucre hawaïen du côté de son père, et beau-fils de Clark Gable, puisque sa mère était la 5ème femme de l’acteur, Il était blond, beau, libre riche et fou…

Bunker se promenait en manteau de fourrure avec une planche de surf sous le bras, il avait une démarche à la Mick Jagger et le train de vie qui va avec… Beaucoup d’argent, de succès, de drogues… Il est mort à 27 ans, bizarrement, naturellement… Et il repose aujourd’hui au cimetière de Glendale, entre sa mère et Clark Gable.

Le film Bunker 77 est sorti en 2016 et il est régulièrement projeté lors de festivals, alors si vous le voyez passer près de chez vous ne le manquez pas.

- Et pour finir, mon conseil culturel de la semaine : quand le meilleur public de France rencontre le public d’un théâtre public : venez voir Stadium de Mohamed El Khatib au Théâtre National de la Colline !

C’est du foot et du théâtre, c’est la rencontre entre le meilleur public de France et le public d’un théâtre public. Il s’agit de la pièce Stadium de Mohammed El Khatib, qui sera jouée dans le cadre du Festival d’automne à Paris. El Khatib cite Deleuze et rapproche ces deux types de spectateurs.

Stadium c’est la vie de supporters du Racing Club de Lens, au théâtre. Sur scène il y a des gradins qui représentent la tribune Marek de Bollaert, et il y a la friterie Momo… Et puis une cinquantaine de supporters sang et or et une installation vidéo.

Il y a Ludovic, chef des Ultras, qui explique défendre Lens et sa ville mais pas les joueurs pétés de thune. Il y a la famille Dupuis, venue en nombre au stade comme sur scène, qui claque tout son argent dans son abonnement, et il y a mémé Yvette, la doyenne, 85 ans, Yvette qui n’a jamais vécu que pour ses corons et ses Lensois.

Mohammed El Khatib a passé plus de deux ans en immersion avec une centaine de supporters lensois et de tous ses entretiens, il a fait un texte, une pièce de théâtre qui dresse le portrait d’une France qu’on caricature trop souvent. Le stade est l’un des derniers espaces de mixité sociale alors Stadium c’est du foot, de la culture, de la politique et puis surtout des histoires et des émotions.

Bon, Mohamed El Khatib va avoir quelques soucis de planning parce que certains de ses néo-comédiens ne veulent pas être sur scène les soirs de match au stade Bollaert, mais c’est ça aussi, avoir le cœur sang et or.

Pour réserver au Théâtre National de la Colline.

Et le texte de la pièce est disponible ici, édité par Les Solitaires Intempestifs.

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