Son troisième album "Winrah Marah" est sorti cet automne et son folk raffiné a été une des révélations des dernières Transmusicales.

Jawhar chez France Inter
Jawhar chez France Inter © Radio France / Marion Guilbaud pour France Inter

Nick Drake au Sahara

A part les virus, il y a un sentiment qui ne connait pas de frontières, c’est la mélancolie. Dans les pays anglo-saxons, elle se déguise en blues, chez les lusophones, elle prend les couleurs de la saudade et de l’autre côté de la Méditerranée, elle se glisse dans les mélopées du châabi. Cette humeur mineure, Jawhar la côtoie depuis qu’il a saisi une guitare chez lui à Radès dans la banlieue de Tunis. Mais c’est à Lille pendant ses études d’anglais que cet ancien comédien va basculer dans le folk, un folk littéraire inspiré par son amour pour la poésie de William Blake et d’Emily Dickinson et par les arpèges du folk de Nick Drake.

Winrah Marah

Mais il n’est pas question pour autant de world music ici, pas de gammes orientales ni de quarts de ton mais une musique aussi raffinée qu’intense ! Si exotisme il y a, il est dans la voix lumineuse et le chant en arabe de Jawhar qui nous emmène ailleurs. Son spleen, il le cultive aujourd’hui depuis la Belgique avec une proposition musicale plus étoffée, plus produite qui va parfois chercher vers le clair-obscur de Timber Timbre

Son nouvel album « Winrah Marah » est hanté par les désillusions amoureuses et politiques (le printemps arabe est passé par là) mais aussi par le manque et l’espoir. 

Jawhar sera en concert au FGO Barbara à Paris le 11/03, à Lille le 20 et à Niort le 21/03 et joue avec ses musiciens "Guelou Lmout".

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