Le plasticien et réalisateur Clément Cogitore met en scène l’opéra-ballet de Rameau, "Les Indes Galantes", avec un groupe de danseurs Krump, des chorégraphies nées dans le ghetto noir de Los Angeles. Il revient sur la genèse de cette performance exceptionnelle, au carrefour d’influences, au micro d’Anna Sigalevitch.

Portrait de Clément Cogitore, artiste contemporain et réalisateur à Paris le 14 février 2018.
Portrait de Clément Cogitore, artiste contemporain et réalisateur à Paris le 14 février 2018. © Maxppp / Paul Barlet / Le Pictorium

Sur les divers supports qu’il explore, des installations vidéo aux longs-métrages en passant par la photographie, Clément Cogitore n’a de cesse de questionner la relation que l’homme entretient avec les images. En créant ses propres visuels ou en ré-exploitant des clichés qui circulent dans l’imagerie publicitaire, politique et social, l’artiste plasticien entretient un art du décalage dans son cinéma du réel. Souvent charbonneuses et glaciales, ces images à l’aura magnétique empruntent aux compilations d’archives tout en convoquant le rêve et le surnaturel. Des documentaires à la fiction, comme le long-métrage remarqué Ni le ciel ni la terre (2015), un drame où analyse politique et  réflexion métaphysique se mêlent, Clément Cogitore enquête sur les frontières de la réalité. En décentrant les points de vue, il explore les formes que prend le conflit et télescope les univers, sans perdre le souffle romanesque de ses créations.

« On manque de récits. Avec ma génération d’artistes, on redécouvre leur nécessité. L’écriture est la discipline la plus cruelle et la plus exigeante qui soit. Il y a des terreurs profondes dans l’être humain. J’essaye de les raconter. »

À la rentrée, le vidéaste prolifique s’essayera à la mise en scène à l’occasion du 350ème anniversaire de l’Opéra National de Paris. Après avoir revisité Les Indes Galantes de Rameau dans un court-métrage saisissant, il portera sur scène l’opéra-ballet avec une troupe de chorégraphes Krump, un hip hop revendicatif issu de la banlieue noire de Los Angeles dans les années 1990. Il s’est entouré pour cela de la chorégraphe Bintou Dembélé. Cette interprétation bouleversante, qui croise inspirations tribales et art contestataire, est à découvrir du 26 septembre au 15 octobre

Emma Thompson est aussi au micro d'Anna Sigalevitch. L'actrice britannique sera à l'affiche du film Late Night, une comédiequi sort aujourd'hui. Elle y campe une célèbre présentatrice à la carrière déclinante, qui embauche une jeune auteure prometteuse de late show, des talk show du soir, interprétée par la réalisatrice et actrice Mindy Kaling. La rencontre de ces deux femmes, pourtant aux antipodes, va permettre à l'émission de renouer avec son prestige et son succès. 

Dans le journal de la culture du mercredi 21 août : 

  • Le musée des impressionnismes de Giverny fête ses 10 ans ! Pour l’occasion, l’exposition Ker-Xavier Roussel. Jardin privé, jardin rêvé est à découvrir jusqu’au 11 novembre. Au programme également, concerts, visites et ateliers.
  • Fin de saison pour la Maison Casarès, qui propose jusqu’à demain théâtre et gastronomie avec des spectacles et lectures autour d’un verre ou d’un repas. La maison secondaire de la grande comédienne accueille aussi des artistes en résidence. 
  • Jusqu’au 24 août, direction l'Ardèche  pour les Etats généraux du film documentaire de Lussas et ses cinq salles de projection, ses stages et ses projections en plein air, dans les villages ou encore chez l’habitant ! Une semaine de rencontres et de partage sans compétition entre les films projetés.

Programmation musicale : 

  • Trop vite, Izia
  • Let a bitch know, Kiddy Smile
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