Charlotte Lipinska reçoit l’actrice Emma Thompson, le réalisateur Marcel Gisler et le journaliste, créateur de la Queer Palm, Franck Finance-Madureira.

L'écran des fiertés : cinéma et "queer stories"
L'écran des fiertés : cinéma et "queer stories" © Getty / serts

1959, Londres. Emma Thompson, l’actrice british, vient d'une famille d’artiste : son père adapte Le Manège enchanté pour la BBC, sa mère est comédienne. En parallèle de ses études de littérature à Cambridge, elle est vice-présidente de la troupe de théâtre de l’université et obtient bientôt son premier rôle dans la comédie musicale, Me and My Girl. Tout s’enchaîne ensuite : débuts à la télévision et au cinéma, Oscar de la meilleure actrice pour Retour à Howards End de James Ivory, adaptation du roman de Jane Austen Raison et sentiments pour laquelle elle obtient le prix de la meilleure adaptation, passage par la saga Harry Potter, incarnation de Nany McPhee... Emma Thompson additionne les rôles et, après 35 ans de carrière, 62 films et séries, deux oscars et plusieurs prix, l’actrice s’est imposée comme un visage incontournable du cinéma. Engagée aussi, elle milite pour Greenpeace, Action Aid, soutient le droit des femmes, préside une organisation des droits de l’homme et adopte en 2004, un adolescent rwandais, ex-enfant soldat. Consécration récente, même la reine Elizabeth II décore l’actrice, élevée au rang d'Officier de l'Ordre de l'Empire britannique (OBE) pour services rendus à l'art dramatique. 

Demain sort en salle son dernier long-métrage, My Lady (Richard Eyre), où elle interprète une juge aux affaires familiales, confrontée à une épineuse question : Faut-il obliger un adolescent à recevoir la transfusion qui pourrait le sauver, malgré le refus de ses parents ?

Marcel Gisler est né en 1960 en Suisse. Il approche la vingtaine quand il déménage à Berlin, où il étudie le théâtre et la philosophie. À peine diplômé, il travaille comme producteur, scénariste, réalisateur. Il donne également des cours au sein de plusieurs écoles de cinéma en Suisse et en Allemagne et rejoint, en tant que membre, l’Académie européenne du cinéma. En 1999, il reçoit le Prix du Cinéma suisse pour F. est un salaud, histoire d’amour entre deux hommes, Beni, en quête de liberté, et Fögi, leader d’un groupe de rock. Une dizaine d’années plus tard, Rosie (2013) est récompensé par le jury du Prix du Cinéma de Zurich et Electroboy (2014) est unaniment salué : Prix du Cinéma suisse, pour le meilleur documentaire et meilleur montage, Prix du Public au Festival International du film documentaire de Munich, Prix du cinéma européen pour le meilleur documentaire. 

Le dernier film de Marcel Gisler, Mario, récit d’un jeune footballeur, tombant amoureux d’un nouvel attaquant venu d’Allemagne, est déjà disponible en DVD depuis le 3 juillet et sera projeté en salles dès demain, mercredi 1er août ainsi qu’au Festival international du film de Locarno, le 8 août à 11h.

Franck Finance-Madureira est journaliste cinéma. Formé à l’école de journalisme de Tours, il s’oriente très vite vers la pellicule, après un détour par la communication. Il collabore avec Têtu, Sensitif, Grazia, Canal+ et dirige pendant deux ans le magazine Clap ! Il s’illustre par la suite avec la création en 2010 de la Queer Palm, le prix LGBT+ du Festival de Cannes et l’organisation d’un rendez-vous mensuel à Paris, le Queer Cinéma Club. Ce dernier propose des films en avant-première, en présence de l’équipe, au Luminor-Hôtel de Ville et contribue à valoriser les « queer stories », écrites pour le grand écran. Actuellement co-rédacteur en chef de FrenchMania et chroniqueur pour le site toutelaculture.com, il démontre un attachement sans failles au septième art et s’engage pour un cinéma qui prône « l’ouverture d’esprit », valorisant les longs-métrages qui interrogent sur la notion de genre et touchent aux enjeux LGBT, queer et féministes.

Le 18 mai dernier, la Queer Palm a récompensé le film Girl  de Lukas Dhont, « grand cinéaste » selon Franck Finance-Madureira, racontant la transition vers le sexe féminin d’un jeune danseur, futur ballerine. 

C’est la tournée générale de ce soir ! 

-       Les Gay Games (10ème édition) se tiennent cette année à Paris et dans sa région. Grand rendez-vous sportif et culturel international, les Jeux visent à combattre l’homophobie et toutes les formes de discrimination dans le sport. Compétitions sportives, cycle de conférences, festivités… et épreuve de « Pink Flamingo », sur le thème « French Kiss » sont au programme de la manifestation.

Du 4 au 12 août, à Paris, en Ile-de-France et au Havre

-       L’exposition « Henri-Edmond Cross, Peindre le bonheur » fait découvrir l’œuvre de l’artiste, considéré, aux côtés de Paul Signac, comme l’un des pères de la modernité picturale, avec sa grande liberté d’utilisation des couleurs. Une centaine d’œuvres, peintures, aquarelles et dessins retracent l’ensemble de son parcours artistique, du néo-impressionnisme au pointillisme.

Du 27 juillet au 4 novembre à Giverny, au Musée des impressionnistes.

-       L’exposition « Godard-Picasso : collage(s) » fait dialoguer la peinture et le cinéma et révèle les relations secrètes entre les deux maîtres. En commun la pratique du collage, et un parcours-assemblage à l’image des liens qui les unissent, révélés par Dominique Païni, ancien directeur de la Cinématique française et commissaire de l’exposition.

Du 3 juillet au 23 septembre, à l’Abbaye Montmajour en partenariat avec les rencontres de la photographie d’Arles, ainsi qu’une diffusion de Pierrot Le Fou, dimanche 5 août, au festival de Cinéma en plein air à la Villette, à Paris.

Les coups de cœurs du jour, récits de femmes fortes et engagées, sont livrés par Emma Thompson : le film Lady Bird de Greta Gerwig, le podcast et livre à paraître « The Guilty Feminist » de Deborah Frances-White et la pièce Good Girl, de Naomi Sheldon, découverte au Festival d’Edimbourg. 

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.