Nos critiques ont-ils aimé : « Dehors », Yann Moix (Grasset) ; « Scherbius (et moi) », Antoine Bello (Gallimard) ; « Etre en vie », Cristina Comencini (Stock) ; « Smith & Wesson », Alessandro Baricco (Gallimard) ; « La jeune fille et la nuit », Guillaume Musso (Calmann-Lévy)

Les livres de l'été
Les livres de l'été © Getty

Pour en parler, Jérôme Garcin s'est entouré de Patricia Martin (France Inter), Jean-Claude Raspiengeas (La Croix), Frédéric Beigbeder (Le Figaro Magazine) et Arnaud Viviant (Transfuge)

« Dehors », Yann Moix

c’est la très violente Lettre ouverte au président de la République que publie, chez Grasset, Yann Moix, l’auteur de « Jubilations vers le ciel » et de « Naissance ». « Ceux que j’évoque aujourd’hui, monsieur le Président, sont enfermés ; ils sont enfermés dehors ». On a compris qu’il s’agit des migrants, des exilés, en particulier ceux de Calais, dont Yann Moix se fait l’avocat en même temps qu’il accuse Macron de mener « une politique inique et brutale », accablant d’ailleurs aussi bien Edouard Philippe que Gérard Collomb, surnommé ici « le Javert cacochyme » ou « l’imperturbable première volaille de France ».  

Plus qu’une lettre ouverte, il s’agit d’un pamphlet, écrit sous le coup de la colère en un mois et demi, et qui se termine par : « un Afghan qui rêve de vivre en France est davantage français qu’un Français qui fait tout pour l’en empêcher ». Yann Moix s’est également vu proposer une carte blanche par Arte, qui a diffusé le 9 juin son documentaire intitulé « Re-Calais », où il a filmé des candidats au départ vers l’Angleterre et interrogé des Calaisiens exaspérés.

« Smith & Wesson », Alessandro Baricco

C’est la première fois que l’auteur de « Soie » et de « Novencento » se plie à l’exercice dramatique. En 2 actes et en 1902, Baricco fait dialoguer Smith et Wesson. Pas les créateurs du fameux pistolet et de l’entreprise d’armement, mais deux Bouvard et Pécuchet américains, qui se rencontrent dans une cabane près des chutes du Niagara. Leurs prénoms ? Tom et Jerry. 

Jerry Wesson gagne sa vie en repêchant tous les désespérés qui se jettent dans les chutes. Tom Smith, lui, rédige des statistiques météorologiques. Il faut ajouter Rachel Green, une journaliste débutante de 23 ans, qui arrive de San Francisco et dont le rédac chef attend qu’elle rapporte un scoop. Elle décide donc de se jeter à l’eau pour raconter comment elle s’en est sortie vivante. Smith va donc lui construire un tonneau pour faire le grand saut tandis que Wesson récupèrera, en bas. Une pièce drôle et ferfelue qui se lit comme un roman.

« Etre en vie », Cristina Comencini

Toujours venu d’Italie, Etre en vie, un roman de Cristina Comencini, la fille du grand Luigi Comencini, elle-même cinéaste, et c’est traduit chez Stock par Dominique Vittoz. La narratrice, Caterina, vit à Rome. Orpheline née avec les pieds bots dans une famille d’ouvriers agricoles, seule survivante, à 6 ans, de l’incendie de leur maison, elle a aujourd’hui a un mari, deux enfants, et un travail : elle est monteuse de films. Si elle part soudain pour Athènes,  c’est qu’on y a trouvé, dans une chambre d’hôtel,  les corps sans vie de sa mère adoptive et de son compagnon, le peintre Sebastiano. Ils se sont suicidés. 

A son arrivée, Catarina est rejointe par Daniele, le fils de prime abord exaspérant de Sebastiano, qui est son contemporain. Ensemble, ils vont revisiter leur enfance et leur douleur respectives, et se dire : « On continue toujours, on s’arrête jamais »... 

« Scherbius (et moi) », Antoine Bello

C'est un roman du franco-américain Antoine Bello, qui vit à New York et publie à Paris, auteur notamment des Falsificateurs, de Roman américain et de L’homme qui s’envola. Le Scherbius du titre, c’est un homme atteint du trouble de la personnalité multiple, TPM, et il faut prendre multiple au sens le plus large possible. Ça va de gardien de prison à chargé de l’Afrique au Quai d’Orsay, de moine trappiste à maître nageur ou prof de latin. 

«Scherbius n’est ni le premier imposteur ni la première personnalité multiple, il est le premier imposteur à personnalités multiples, une combinaison détonante que mon devoir consiste à stabiliser avant qu’elle n’explose.» Celui qui dit ça est un psychiatre parisien, Maxime Le Verrier, psychiatre, qui se donne pour mission, en 1977, de guérir Scherbius, lequel évidemment  ne cesse de tromper le médecin qui va l’hypnotiser une trentaine de fois et va rassembler pendant 25 ans ses études sur le cas Scherbius dans un prétendu livre paru aux éditions du Sens et que nous lisons aujourd’hui.  Et à la fin duquel on  se demande qui, du patient ou du thérapeute, est le plus délirant…

« La jeune fille et la nuit », Guillaume Musso (Calmann-Lévy)

le nouveau roman de Guillaume Musso, l’auteur le plus vendu en France avec un million et demi d’exemplaires en 2017 et 32 millions dans le monde entier. Appelé en urgence par Maxime, son ami d’enfance, Thomas, le narrateur, quitte New York et revient en France, dans le lycée Saint-Exupéry d'Antibes où il a fait ses études et dont ses parents étaient les proviseurs. Antibes, qui est la ville natale de Musso. 

Thomas et Maxime ont un secret qui remonte à l’année 1992 et menace de resurgir à l’occasion de la rénovation du gymnase du lycée, où un cadavre est emmuré... 25 ans plus tard, tout les anciens sont là, sauf deux d’entre eux, qui se sont littéralement évaporés, un prof de philo, Alexis, et une khâgneuse, Vinca, dont tous les élèves étaient amoureux : « Elle personnifiait une sorte de chic français, quelque part entre Brigitte Bardot et Laetitia Casta. » 

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