Sous le feu des critiques : "Bérénice" de Racine / mis en scène de Célie Pauthe, "L’oiseau vert" de Carlo Gozzi/Laurent Pelly, "Les Ondes magnétiques" de David Lescot, "Juste la fin du monde" de Lagarce/Charles Nouveaux, "Le Maître et Marguerite" de Boulgakov/Mendjisky…

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Qu'aller voir au théâtre en ce moment ? Laissez vous guider par nos critiques... © Getty / Alexander Schulz / EyeEm

Pour en débattre, Jérôme Garcin s'est entouré de Fabienne Pascaud (Télérama), Armelle Héliot (Figaro), Jacques Nerson (L'Obs) et Gilles Costaz (Politis)   

« Bérénice », Racine/Célie Pauthe 

Bérénice, la tragédie de Racine en cinq actes et en 1 506 alexandrins, a été représentée pour la première fois le 21 novembre 1670 à l’hôtel de Bourgogne, avec Marie Champmeslé dans le rôle-titre. 

Titus, empereur de Rome, aime la reine Bérénice de Palestine et en est aimé. Antiochus, le meilleur ami de Titus, aime aussi Bérénice et, apprenant son mariage avec Titus, décide de déclarer sa flamme à Bérénice. Or, selon les lois romaines, Titus ne peut épouser une reine étrangère. Il charge alors Antiochus de signifier à Bérénice qu’il sacrifie son amour à son ambition... 

Aux Ateliers Berthier, et jusqu’au 10 juin, Célie Pauthe, qui dit avoir redécouvert Bérénice grâce à Marguerite Duras, monte la tragédie de Racine dans des costumes d’aujourd’hui et avec des extraits d’un court-métrage de Duras sur les Tuileries qui m’évoque le mot de Desproges : 

Elle n’a pas écrit que des conneries, elles en a aussi filmées. 

Et c’est avec Mélodie Richard (qui fut Nina dans La Mouette d’Ostermeier) dans le rôle-titre,  Clément Bresson en Titus, mais aussi Marie Fortuit, Mounir Margoum, Mahshad Mokhberi et Hakim Romatif.

Extrait des critiques - Armelle Héliot : 

Je ne comprends pas que cette jeune femme dont on a vu de bons spectacles, qui dirige un centre dramatique, qui n'est pas une gamine, ne fasse pas confiance à Jean Racine et à Bérénice ! On en a vu des dizaines de Bérénice, depuis qu'on va au théâtre… Rarement, j'ai été à ce point blessée.

8'53

« Bérénice », Racine/Célie Pauthe : les critiques du Masque et la Plume

► La pièce est jouée à l'Odéon - Théâtre de l'Europe

« L’oiseau vert », Carlo Gozzi/Laurent Pelly 

L’oiseau vert, du dramaturge vénitien du XVIIIe siècle et rival de Goldoni, Carlo Gozzi, traduit par Agathe Mélinand. C’est Laurent Pelly qui en signe à la fois la mise en scène, la scénographie et les costumes. Il avait créé ce spectacle à Toulouse il y a 3 ans, il le reprend au théâtre de la porte Saint-Martin jusqu’en juillet. 

L’oiseau vert, un conte délirant, une farce folle, une commedia dell’arte puissance 10. Retour de guerre, après une absence de 18 ans, le roi Tartaglia (Emmanuel Daumas) découvre que sa chère épouse, jouée par Fabienne Rocaboy, a été enterrée vivante sous l’évier des cuisines du palais par la méchante reine-mère (c’est la grande Marilú Marini) et qu’elle aurait fait jeter dans le grand canal leurs jumeaux, un garçon et une fille, « si beaux qu’on aurait dit un œillet et une rose ». Heureusement, ils ont été sauvés par un couple de charcutiers. Quant à l’épouse du roi, même sous l’évier, elle respire encore... 

Dans cette pièce féerique créée en 1765, un jeune homme, qui va sauver la reine, est changé en oiseau vert, les statues parlent et les pommes chantent… C’est Disney, bien avant l’heure ! Avec une troupe bon enfant : outre les comédiens déjà cités, il faut compter aussi avec Jeanne Piponnier, Pierre Aussedat, Georges Bigot, Olivier Augrond, Nanou Garcia, Eddy Letexier, Régis Lux...

Extrait des critiques - Jacques Nerson : 

Je suis sûr que si on emmène des enfants voir ce spectacle, ils vont s'ennuyer beaucoup, parce que l'adaption m'a parue très lourde, sans esprit. Quand on se souvient du spectacle de Benno Besson, on se dit qu'il y a un manque d'esprit là dedans qui est phénoménal !

7'29

« L’oiseau vert », Carlo Gozzi/Laurent Pelly : les critiques du Masque et la Plume

► La pièce est jouée au Théâtre de la Porte Saint-Martin

« Les Ondes magnétiques », David Lescot 

Les Ondes magnétiques, de et  mis en scène par David Lescot, au Vieux Colombier, avec Sylvia Bergé, Alexandre Pavloff, Elsa Lepoivre, Christian Hecq, Nâzim Boudjenah, Jennifer Decker, Claire de La Rüe du Can et Yoann Gasiorowski (jusqu’au 1er juillet). 

Une pièce que le patron de la Comédie-Française, Eric Rüff, a commandée à David Lescot, comme il vient de le faire avec Lars Noren. Son thème : l’éclosion des radios libres ou radios pirates, au début des années 80. Sur scène, le studio de Radio Quoi, dont les animateurs s’échinent à tenir sans être brouillés. Avec l’élection de Mitterrand et la loi mettant fin au monopole d’État de la radiodiffusion et autorisant les radios locales sans publicité, la petite Radio Quoi, qui n’est pas retenue, doit fusionner avec Radio Vox, partager les tranches horaires et se tourner vers la professionnalisation. Deux radios, l’une tendance anarchiste, l’autre dévolue aux nuits folles, l’une libertaire et l’autre dandy, que tout oppose et dont David Lescot raconte les débats agités, enflammés :

J’ai imaginé raconter cette période à travers l’aventure de la radio. Comment l’histoire de la France de cette époque, et celle du destin des radios libres se superposent, se confondent, s’éclairent mutuellement. 

Extrait des critiques - Gilles Costaz :

La pièce est très intelligente : elle raconte l'éclosion des radios libres, elle raconte la gauche qui change de politique et se convertit à l'économie de marché... et puis elle raconte aussi la population française.

9'10

« Les Ondes magnétiques », David Lescot : les critiques du Masque et la Plume

► La pièce est jouée au Théâtre du Vieux Colombier

« Juste la fin du monde », Lagarce/Charles Nouveaux 

Juste la fin du monde, la pièce maintes fois montée de Jean-Luc Lagarce et dont Xavier Dolan a tiré un film en 2016, qui lui valut le Grand Prix au Festival de Cannes. 

Louis (dans le film, c’était Gaspard Ulliel) est malade, très malade. Il revient, après une longue absence, dans sa famille pour annoncer sa mort prochaine à sa mère, sa sœur, son frère, sa belle-sœur. Une visite qui fait resurgir de vieilles tensions familiales. Et Louis va repartir sans avoir pu dire ce qu’il était venu dire. 

Au Studio Herbertot, c’est mise en scène par Jean-Charles Mouveaux, qui joue lui-même le rôle de Louis, avec Vanessa Cailhol (sœur), Philippe Calvario (le frère), Jil Caplan (la belle-sœur), et Chantal Trichet (la mère). Un spectacle qui s’était donné l’été dernier à Avignon et qui est à Paris, jusqu’au 30 juin.

Extrait des critiques - Gilles Costaz : 

C'est toujours un bonheur de voir du Jean-Luc Lagarce. Je ne suis pas absolument enthousiasmé par ce spectacle dont la scénographie est assez cabossée... En même temps, c'est extrêmement bien fait, bien joué...

3'14

« Juste la fin du monde », Lagarce/Charles Nouveaux : les critiques du Masque et la Plume

► La pièce est jouée au Studio Hébertot

« La Révolte », Villiers de l'Isle Adam/Charles Tordjman 

La Révolte est une pièce de Villiers de l’Isle-Adam écrite en 1869 qui fit scandale à sa création, en 1870, parce qu’elle heurtait violemment l'idéologie de la classe dominante, et qui disparut de l'affiche après cinq représentations. 

Une épouse, Elisabeth, 27 ans, annonce à son banquier de mari, Félix, 40 ans, dont elle a triplé la fortune, qu’elle le quitte. Il s’en évanouit de stupéfaction. 

L’occasion pour Villiers de vitupérer l'esprit bourgeois de son époque et ses valeurs, l'argent et la famille. Une pièce cruelle et visionnaire, qui avait été montée il y a deux ans aux Bouffes du Nord par Marc Paquien. Cette fois, au Théâtre de Poche Montpanasse, dans un décor dépouillé, c’est Charles Tordjman qui s’y colle avec deux excellents comédiens, Julie-Marie Parmentier, une rousse en robe noire, la comédienne des « Blessures assassines » et ancienne du Français, et Olivier Cruveiller.

Extrait des critiques - Fabienne Pascaud

Un des plus beaux spectacles de cette fin de saison

4'15

« La Révolte », Villiers de l'Isle Adam/Charles Tordjman : les critiques du Masque et la Plume

► La pièce est jouée au Théâtre de Poche

« Le Maître et Marguerite », Boulgakov/Mendjisky 

Le Maître et  Marguerite, c’est le roman protéiforme et chef d’œuvre dru Russe Mikhaïl Boulgakov qu’il a écrit pendant la dictature stalinienne et qui a paru 25 ans après sa mort, en 1940. Roman politique, social, satirique et burlesque, difficile à résumer, qui transpose dans le Moscou des années 30 le mythe de Faust : Marguerite livre en effet son âme au diable pour retrouver l’écrivain maudit qu’elle aime. 

En 2012, Simon McBurney l’avait adapté dans la Cour d’honneur au Festival d'Avignon. Cette fois, au théâtre de la Tempête, c’est le jeune  Igor Mendjisky, avec, notamment, Esther Van den Driessche dans le rôle de Marguerite, Marc Arnaud et Adrien Melin en alternance dans celui du Maître et Romain Cottard en diable. Un spectacle qui sera repris cet été dans le Off d’Avignon.

Extrait des critiques - Jacques Nerson : 

On est cloué sur son siège ; ce jeune metteur en scène a trouvé énormément d’astuces pour raconter l'irracontable. C'est formidable !

2'49

« Le Maître et Marguerite », Boulgakov/Mendjisky : les critiques du Masque et la Plume

► La pièce est jouée au Théâtre de la Tempête

« Le Triomphe de l’amour », Marivaux/Denis Podalydès 

Le Triomphe de l’amour, de Marivaux, que Denis Podalydès monte aux Bouffes du Nord, du 15 juin au 13 juillet. Avec la même équipe que pour Les Fourberies de Scapin qu’il avait mises en scène au Français, dont Christian Lacroix aux costumes, Christophe Coin à la direction musicale et Eric Ruf à la scénographie. Et c’est avec Jean-Noël Brouté,  Edwige Baily, Philippe Duclos, Stéphane Excoffier, Leslie Menu, Dominique Parent et Thibault Vinçon.  

Extrait des critiques- Armelle Héliot :

C'est quand même du beau spectacle

6'42

« Le Triomphe de l’amour», Marivaux/Denis Podalydès : les critiques du Masque et la Plume

► La pièce est jouée au Théâtre des Bouffes du Nord

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Prochain enregistrement le jeudi 7 juin

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