La 71e édition du Festival de Cannes s'est terminée la veille. L’équipe du "Masque et la Plume" se réunit pour commenter le festival et son palmarès… un bon moment d'humour et de piques en perspective !

Le festival de Cannes s'est terminé samedi. L'équipe ciné du "Masque et la Plume" se réunit pour commenter le palmarès !
Le festival de Cannes s'est terminé samedi. L'équipe ciné du "Masque et la Plume" se réunit pour commenter le palmarès ! © AFP / Anne-Christine Poujoulat

Pour des piques bien senties, Jérôme Garcin s'est entouré d'Eric Neuhoff (Le Figaro), Pierre Murat (Télérama), Michel Ciment (Positif) et Xavier Leherpeur (7ème Obsession).

► LIRE AUSSI  | Les films qui auraient dû être palmés à Cannes (les coups de cœur du "Masque & la Plume")

Xavier Leherpeur : "C'était terne ! Aucun grand film ne s'est dégagé. J'ai rarement aussi peu attendu un palmarès... On l'attendrait presque négativement en espérant que certains films ne monteraient pas trop haut - ce qui est quand même déjà un signe". 

Pierre Murat : 

Il y a eu six ou sept films très intéressants - le malheur, c'est qu'ils ne sont pas au palmarès !

Le film de Kore-Eda mérite-t-il la palme d'or ?

Xavier Leherpeur : "Ce n'est pas le Kore-Eda que je préfère, mais elle couronne un immense cinéaste. Je trouve que c'est un film toujours juste, toujours simple, jamais simpliste. Il a une manière de regarder cette famille, de croquer le Japon d'aujourd'hui et en même temps d'être dans l'universalité des iniquités sociales et économiques... Cette palme-là pourrait peut être enfin convaincre le large public de découvrir ce réalisateur et son cinéma."

Pierre Murat : "C'est peut être le meilleur film qu'il ait fait depuis Nobody Knows... C'était l'un des rares prix mérités de ce palmarès."

Michel Ciment : "Je suis surtout heureux qu'il ait eu la palme parce que ça nous a évité sans doute pire... Mais je ne dirais pas que c'est une palme du niveau de Kurosawa ou d'Imamura qui sont les autres Japonais qui ont eu le prix. Kore-Eda est un très bon cinéaste mais ce n'est pas le plus beau film du festival.

Quid du Grand prix, attribué à Spike Lee pour "BlacKkKlansman" ?

Eric Neuhoff : "Pour un grand prix, ce n'est pas si mal"

Michel Ciment : "Ça fait partie du rétropédalage de ce jury, qui n'a pas arrêté de vouloir ressusciter des gens qui ont fait des films magnifiques sil y a 30 ou 40 ans..."

Cannes innove pour Godard avec la création d'une palme d'or "spéciale"

Pierre Murat : "Quand Godard faisait Pierrot le fou, Le Mépris, Bande-à-part, Masculin/Féminin, il n'était jamais à Cannes : pas sélectionné, rien. Et maintenant, sur ses deux derniers films : palme d'or spéciale, prix du jury... C'est d'une grand tristesse !". 

Eric Neuhoff : "C'est un film d'un gâtisme complet. A moins que ce soit du je-m'en-foutisme ?"

Prix du jury pour une juste cause : "Capharnaüm" de Nadine Labaki

Michel Ciment : "Assez répétitif, assez larmoyant, avec une musique insupportable. Les néoréalistes italiens ont déjà fait ça dix fois mieux". 

Xavier Leherpeur : "C'est très mauvais ! Très lourdingue."

Prix d'interprétation féminine : Samal Yeslyamova pour son rôle sacrificiel dans "Ayka" de Sergey Dortsevoy

Pierre Murat : "Elle fait correctement le boulot mais à part pleurer..."

Jérôme Garcin : "Hier soir, en recevant son prix, on, avait l'impression qu'elle était encore victime"

Prix d'interprétation masculine : Marcello Fonte pour son rôle dans "Dogman" est-il légitime ?

Michel Ciment : "Voilà un prix légitime"

Eric Neuhoff : "Il y a la séquence la plus émouvant de tout le festival : il arrive à ranimer un chihuahua congelé".

Prix de la mise en scène : "Cold War" de Pawel Pawlikowski

Michel Ciment : "C'est un film d'une incroyable perfection formelle. C'est un noir et blanc magique, et une belle histoire d'amour".  

Eric Neuhoff : "Un film magnifique. On y voit, comme rarement, passer le temps". 

Un prix du scénario partagé 

Le prix du scénario a été partagé entre deux réalisateurs : Alice Rohrwacher pour Heureux comme Lazzaro et Nader Saeivar pour Trois visages de Jafar Panahi.

Michel Ciment : "Le film italien rencontre le problème de beaucoup de jeunes cinéastes italiens qui n'arrivent pas à la hauteur de leurs aînés, qui sont écrasés par un passé cinématographique prestigieux. Par contre le Panahi méritait beaucoup plus. Là, c'est un lot de consolation... et le scénario n'est pas ce qui frappe le plus : le film est au contraire libéré du scénario."

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.