Nos critiques aiment-ils “Dévotion” de Patti Smith, “Le dernier roi soleil” de Sophie des Déserts, “Le registre de l’inquiétude” de Linn Ullmann, “Un an et un jour” de Pascal Bruckner, “Les cigognes sont immortelles” d'Alain Mabanckou ?

Pile de livres
Pile de livres © Getty / Olivier Roland / EyeEm

Pour en débattre, Jérôme Garcin s'est entouré d'Olivia de Lamberterie (Elle), Nelly Kapriélian (Les Inrockuptibles), Jean-Claude Raspiengeas (La Croix) et Arnaud Viviant (Transfuge) 

► Que lire ? Différents livres passés au crible des critiques du Masque & la Plume sont à retrouver ici.

« Dévotion », de Patti Smith 

5 min

“Dévotion” de Patti Smith : les critiques du Masque et la Plume

Dévotion, traduit chez Gallimard par Nicolas Richard, c’est, après l’énorme succès de Just Kids, où elle racontait sa jeunesse new-yorkaise, le nouveau livre de Patti Smith. 

Une sorte de journal intime, mais sans dates, où la chanteuse, la glaneuse comme elle s’appelle, transcrit ses voyages, ses lectures, ses impressions. Elle va à Sète sur la tombe de Paul Valéry et à Lourmarin, chez la fille d’Albert Camus, déambule dans le Paris de Modiano, rend visite à Antoine Gallimard, cherche en Angleterre le cimetière où est enterrée la philosophe Simone Weil. 

À la fin, elle demande : « Pourquoi écrivons-nous ? » et elle répond : « Parce que nous ne pouvons pas simplement vivre ».

► chez Gallimard

« Le Dernier Roi soleil », de Sophie des Déserts 

14 min

La biographie de Jean d'Ormesson, “Le dernier roi soleil” de Sophie des Déserts : les critiques du Masque et la Plume

Un an après la mort de Jean d'Ormesson, voici que paraît une biographie, Le dernier roi soleil, signée Sophie des Déserts. Une biographie qui déplaît à la famille, mais qui est épatante : tout en étant attendrie par Jean d’Ormesson, qui l’a reçue pendant les dernières années de sa vie à Neuilly comme en Corse, Sophie des Déserts ne cache rien de sa vie sentimentale pour le moins compliquée, de sa vanité d’auteur – il ne supportait pas les critiques négatives – ou de sa conception très molle du journalisme : ainsi de ce reportage au Rwanda, en 1994, où après avoir constaté le génocide des Tutsis, il écrit dans le Figaro : 

S'il faut tirer une leçon du Rwanda, c'est que les hommes sont tous coupables et qu'ils sont tous innocents.

► Chez Grasset / Fayard

► Retrouvez toutes les critiques sur la biographie ici

« Le Registre de l’inquiétude », de Linn Ullmann

8 min

“Le registre de l’inquiétude” de Linn Ullmann : les critiques du Masque et la Plume

Le Registre de l'inquiétude, traduit chez Actes Sud par Céline Romand-Monnier, est un récit signé Linn Ullmann, la fille de l’actrice Liv Ullmann et du  cinéaste Ingmar Bergman, dont elle fait ici le portrait. 

Portrait d’un homme cloîtré sur son île Farö, où il s’était installé en 1965, qui vivait les fenêtres closes par crainte des courants d'air, au milieu de ses livres, de ses films, de toutes ses femmes et de sa nombreuse progéniture. 

Autoportrait aussi de Linn Ullmann, née hors mariage, bâtarde en pays protestant. Ce qui valait à sa mère, Liv Ullmann, de recevoir des lettres anonymes du genre : _« Ta gamine va brûler en enfer »_

À l’origine du Registre de l'inquiétude, il y a le projet qu’avaient eu le père et sa fille de faire ensemble un livre d’entretiens, mais le cinéaste avait alors une mémoire défaillante. On apprend que Bergman, après avoir regardé en 2005 les funérailles de Jean-Paul II à la télé, avait commandé au menuisier de l'île le même cercueil simple que celui du pape. Il s’est éteint en 2007. Sur son île...

Actes Sud

« Un an et un jour », de Pascal Bruckner

9 min

“Un an et un jour” de Pascal Bruckner : les critiques du Masque et la Plume

Jézabel, une jeune prof de maths, quitte la Haute-Savoie pour se rendre au Canada. Son père, ancien pasteur et horloger amateur, lui a fait jurer, sur son lit de mort, d’aller porter à un ami québécois la montre qu’il avait conçue. Une montre qui ne donne pas l’heure mais la détruit. Au dessus du Groenland, l’avion est pris dans une tempête et se pose en urgence au nord des Etats-Unis. Jézabel se réfugie dans un hôtel, de style Shining, où elle s’endort pour apprendre, à son réveil, qu’elle n’y a pas séjourné un jour mais... un an. 

Voici donc Pascal Bruckner, l’auteur de La Tentation de l’innocence, qui s’aventure dans la littérature fantastique ou du moins dans la fable cauchemardesque.

► Chez Grasset

« Les Cigognes sont immortelles », d'Alain Mabanckou

5 min

“Les cigognes sont immortelles” d'Alain Mabanckou : les critiques du Masque et la Plume

L’auteur de Verre Cassé raconte, avec les yeux de l’adolescent qu’il fut, les trois jours de crise et de confusion traversés par la République du Congo, en mars 1977, quand le camarade président Marien Ngouabi est assassiné à Brazzaville et qu’un comité militaire prend le pouvoir. 

Un roman où Mabanckou mêle, comme à son habitude, le pittoresque et la tragédie, l’histoire d’une famille et la grande histoire de son pays, depuis le colonialisme jusqu’à la décolonisation. Quant au titre, il fait référence à la chanson soviétique qu’on enseignait au collège et à coups de fouets : « Nous sommes les cigognes blanches de la Révolution socialiste congolaise ». N’oublions pas que, aujourd’hui, Alain Mabanckou est désormais considéré comme « un dissident en exil » par le régime de l’actuel président Sassou-Nguesso...

Seuil

Les conseils

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.