Annonce et commentaires du palmarès, sous les regards avisés d'Eva Bettan (France Inter), Sophie Avon (Sud-Ouest), Michel Ciment (Positif), Xavier Leherpeur (7ème Obsession) et Nicolas Schaller (L'Obs).

Affiche du festival de Cannes, édition 2019
Affiche du festival de Cannes, édition 2019 © Photo : La Pointe courte / 1994 Agnès Varda et ses enfants - Montage & maquette

La 72e édition du Festival de Cannes aux côtés de Jérôme Garcin entouré de ses fidèles critiques ! 

Eva Bettan : "j'ai une impression de plénitude, il y a eu du beau cinéma, l'ensemble vous donne la pêche ! 

Sophie Avon : "J'étais très excité par cette sélection et finalement au cours du déroulement je suis allé de déception en déception avec rien qui ne m'ait jamais vraiment enthousiasmé"

Michel Ciment : "Chaque année j'ai un ou une palme d'or comme favori. Là j'en avais quatre ou cinq". C'était sans doute l'une des plus riches des compétitions […] C'est un palmarès de metteurs en scène.

Xavier Leherpeur : A l'arrivée, peu ont transformé l'essai à la hauteur des espoirs que nous pouvons mettre en eux. 

Nicolas Schaller : "J'ai eu des déceptions sur les découvertes car les grands noms eux étaient vraiment présents, il y a quelques marches qui trébuchent"

La Palme d'or : Parasite de Bong Joon-Ho

Michel Ciment : "C'est un immense cinéaste. Les Coréens ont donné des grands films à Cannes sans a voir jamais été récompensé mais là.. […] Ce qui me plait c'est que dans la littérature asiatique c'est le mélange du trivial et du fantastique, de réalisme et d'imaginaire en même temps". 

Sophie Avon : "Il y a beaucoup de choses. Un film sur la cohabitation entre les riches et les pauvres : comment on cohabite ensemble pour vivre dans le même salon". 

Xavier Leherpeur : "un grand film, remarquablement écris, tout est relayé par une telle mise en scène, une telle inventivité. Il y a des idées de mises en scène à chaque plan qui sont toujours intuitives, intelligentes. C'est remarquablement filmé. Je suis doublement ravi". 

C'est Hitchcock puissance 10

Nicolas Schaller : "C'est pour moi l'un des plus grands cinéastes contemporains et c'est aussi l'acceptation du cinéma de genre, c'est le génie du cinéma Coréen. C'est un virtuose pour ça. C'est aussi l'acceptation d'un cinéma de divertissement, il y a du social mais avec de la maîtrise livre, subtile. J'espère que les gens iront voir le film et verront ses films précédents". 

Le grand prix : Atlantique de Mati Diop

Eva Bettan : " Cela représente un très grand prix pour Mati Diop. D'autant que c'est un premier film"

Prix du jury : ex-aequo Les Misérables de Ladj Ly et Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

Eva Bettan : "C'est un des plus beaux débuts de cinéma que je connaisse". 

Nicolas Schaller : Je trouve ces deux films d'une pertinence absolue qui portent sur la colère en général dans deux lieux différents : dans les banlieues en France et dans une petite communauté campagnarde brésilienne ahurissante. Ils mélangent les genres. Il reprend les thèmes de l'Aquarius mais bascule dans un cinéma de genre et les deux charrient une colère et un désespoir de la société actuelle qui est tout à fait importante. 

Michel Ciment : "Autant les misérables est totalement réussi, c'est très bien filmé et très réussi dans ce qu'il veut faire. Quant au film brésilien, autant j'avais aimé les bruits de récifs et Aquarius mais là il entreprend quelque chose de gigantesque car c'est à la fois du gore, un western, un film politique". 

Xavier Leherpeur

Il y a un vrai rapport avec les deux films : c'est deux westerns rageurs qui traduisent la désespérance à la fois des banlieues et d'une partie oubliée de la population du Brésil

Sophie Avon : "Dans Les misérables, c'est un film qui vise l'efficacité, mais qui n'a pas un regard de cinéaste ; à l'inverse, Bacurau montre ce qu'est un cinéaste à mes yeux, capable, sur une fable sociale, d'inventer une fiction complètement dingue. Il est sans arrêt inattendu. 

Prix de la mise en scène : Le jeune Ahmed de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Sophie Avon : "Les Dardenne viennent avec une façon de faire toujours un peu différente. 

Michel Ciment : "C'est pas une découverte mais ce film revient à ce qu'il y a de plus dur chez eux et tout à fait maitrisé". 

Prix du scénario à Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu

Eva Bettan : "C'est très beau".

Sophie Avon : "Un film d'une grande douceur et qui a une vrai ampleur". 

Nicolas Schaller

Le film est un peu scolaire, je ne ressens pas la flamme

Michel Ciment : "Beaucoup d'admiration avec un scénario très intéressant mais cela reste raide. Ça ne respire pas à l'intérieur du cadre, la mise en scène est en deçà du sujet. 

Prix d'interprétation féminine : Emily Beecham dans Little Joe de Jessica Hausner

Emily Beecham et Jessica Hausner
Emily Beecham et Jessica Hausner © Getty

Michel Ciment : "C'est plutôt conceptuel, qui à la base, a mal été accueilli, mais j'ai été assez passionné. Jessica Hausner est une cinéaste très intéressante à contre-courant de tout ce qui se fait. 

Xavier Leherpeur : "On a le droit de trouver cela extrêmement vain, totalement creux et totalement prétentieux dans la mise en scène. C'est très insistant et très tape à l'œil". 

Nicolas Schaller : "C'est un sujet pour un épisode de Black Mirror de trente minutes qu'elle dilue. Par contre l'actrice est très bien, et dans la micro nuance. 

Prix d'interprétation masculine décerné à Antonio Banderas dans Dolor y gloria de Pedro Almodovar

Eva Bettan : "C'est "le double" qui remporte le prix, l'acteur qui joue et le réalisateur qui est joué".

Le jury a crée une mention spéciale pour It must be heaven d'Elia Suleiman

Michel Ciment : "C'est un film léger, très bien filmé avec un humour à froid. Il abuse un peu de l'impassibilité. C'est charmant et merveilleux tant le sujet est grave et qu'il traite avec humour sur la Palestine. C'est bien de distinguer Suleiman qui n'a pas fait de films depuis 11 ans". 

La Camera d'or : Nuestras madres de César Diaz

Xavier Leherpeur : "C'est un film sur la mémoire qui n'est jamais ascétique mais en même temps totalement épuré, qui a un sens du caractère, qui a le sens de la mise en scène. C'est un vrai cinéaste qui sait le pouvoir des mots, le sens des images pour raconter une mémoire enfouie réactualisée pour en faire un deuil pour un pays. Un excellent choix".

La Palme d'or du court métrage : La distance entre le ciel et nous de Vasilis Kekatos

Sophie Avon : "Je trouve ce film absolument magnifique. Avec une radicalité avec force d'admiration. un film affranchi de tout, affranchi des règles".

Michel Ciment : "J'ai détesté. 

Aller plus loin

Prochain enregistrement le mercredi 29 mai au Théâtre de l'Alliance Française 

► Réservation en ligne disponible 15 jours avant la date d'enregistrement, à 7h sur le site de la Maison de la Radio (places gratuites)

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