Que pensent nos critiques de "The Disaster Artist" de James Franco, "Eva" de Benoît Jacquot, "Hostiles" de Scott Cooper, "La Belle et la Belle" de Sophie Fillières, "Mektoub My Love" d'Abdellatif Kechiche, "La Prière" de Cédric Kahn, "Tesnota" de Kantemir Balagov.

Qu'aller voir au cinéma en ce moment ? Les critiques du Masque et la Plume vous conseillent...
Qu'aller voir au cinéma en ce moment ? Les critiques du Masque et la Plume vous conseillent... © Getty / Phil Payne Photography

Pour débattre, Jérôme Garcin s'est entouré de Xavier Leherpeur (7ème Obsession), Michel Ciment (Positif), Nicolas Schaller (L'Obs), et Jean-Marc Lalanne (Les Inrockuptibles).

► A noter que les différents avis échangés autour des films critiqués au Masque et la Plume sont à retrouver ici

« The Disaster Artist », de James Franco

The Disaster Artist, ou "l’artiste du désastre" est consacré au roi du nanar, au Don Quichotte de la daube, j’ai nommé Tommy Wiseau, aujourd’hui âgé de 62 ans. On lui doit (paraît-il, mais je ne l’ai pas vu) le pire film jamais réalisé, une sorte de nanar-culte : La chambre, sorti en  2003. 

Un film dont certains disent qu’il semble avoir été écrit par un analphabète, réalisé par un myope et joué par des zombies. James Franco s’est donc fait le look extravagant de Tommy Wiseau, sorte de Dracula ringard aux longs cheveux teints, à la mine blafarde, aux lunettes noires et à l’accent polonais. Il raconte la mégalomanie du bonhomme, son narcissisme délirant, jusqu’à la dernière scène, qu’on ne racontera pas, c’est-à-dire la projection publique du navet XXL. Un film dans l’esprit du Ed Wood de Tim Burton...

7'13

"The Disaster Artist" : les critiques du Masque et la Plume

« Eva », de Benoît Jacquot

Un film de Benoît Jacquot d’après le roman de Chase, qui avait déjà inspiré, en 1962, le film de Joseph Losey, avec Jeanne Moreau dans le rôle que tient aujourd’hui Isabelle Huppert. Celui d’une prostituée, ou plutôt d’une bourgeoise qui se prostitue du côté de la Savoie et dont le mari est en prison. Elle subjugue et ensorcelle un jeune et prometteur dramaturge, Bertrand (c’est Gaspard Ulliel). En fait, c’est un imposteur qui doit son succès à une pièce qu’il a dérobée à un vieil auteur anglais, juste après sa mort (on peut le raconter, c’est la première scène du film). 

On est troublé par la froideur avec laquelle Jacquot traite la relation perverse, romantique et parfois passionnelle entre Eva et Bertrand...

4'57

"Eva" : les critiques du Masque et la Plume

« Hostiles », de Scott Cooper

Un vrai western signé Scott Cooper, sur une idée de feu le scénariste Donald Stewart, avec Christian Bale dans le rôle du capitaine Blocker, grand tueur d’indiens et grand lecteur de la Guerre des Gaules de Jules César. 

Il est chargé d'une mission qu'il accepte de mauvaise grâce : ramener, sur la terre de sa tribu, le chef cheyenne Yellow Hawk (Wes Studi) qui est son prisonnier et qui est mourant. Un long périple entre le Nouveau-Mexique et le Montana au cours duquel les ennemis d’hier vont devoir s’unir pour résister  aux Comanches, aux trappeurs, aux déserteurs en cavale... En chemin, ils rencontrent une jeune veuve (jouée par Rosamund Pike) qui va les accompagner. 

A la fin, qu’on ne racontera pas, on passe du XIXe au XXe siècle...

Jean-Marc Lalanne : 

Le film est trop discursif et démonstratif - un peu long.

5'46

"Hostiles" : les critiques du Masque et la Plume

« La Belle et la Belle », de Sophie Fillières

Un film de Sophie Fillières avec Sandrine Kiberlain et Agathe Bonitzer qui incarnent la même Margaux, mais avec 25 ans d’écart. 

Celle de 20 ans, c’estAgathe Bonitzer, qui vend des fringues et couche ici et là sans savoir de quoi son avenir sera fait. Et celle de 45 ans, c’est Sandrine Kiberlain, qui vit à Lyon, se reproche d’avoir autrefois avorté et rencontre son double jeune lors d’une soirée à Paris. 

Entre les deux femmes, il y a Marc (Melvil Poupaud), l’ex de Margaux Kiberlain dont s’éprend Margaux Bonitzer... Une comédie qui avance en funambule sur le fil qui sépare le fantastique du réalisme. 

Nicolas Schaller : 

C'est une comédie charmante, une des meilleures de Sophie Fillières...

3'14

"La Belle et la Belle" : les critiques du Masque et la Plume

France Inter est partenaire de La Belle et la Belle

« Mektoub My Love : canto uno », de Abdellatif Kechiche

Cinq ans après La vie d’Adèle, Abdellatif Kechiche est de retour avec Mektoub my love : canto uno (il y aura donc une suite), un film de 3 heures très lointainement inspiré du roman de François Bégaudeau, La Blessure, la vraie

On est à l’été 1994. Amin (Shaïn Boumedine), qui vivote en écrivant des scénarios, retourne à Sète, où il a passé sa jeunesse et où ses parents tiennent un restaurant tunisien. Il y retrouve ses amis d’autrefois et la plage où bronzent de jolies vacancières. Il photographie les couchers de soleil, tombe amoureux de Jasmine, rencontre un producteur qui se dit prêt à financer ses débuts et la femme de ce dernier, qui s'intéresse beaucoup à lui, ce qui place Amin dans une situation - comment dire ? - inconfortable. Chronique d’un été brûlant et sensuel qui s’ouvre avec deux citations des Évangiles et du Coran...

Jean-Marc Lalanne : 

L'un des plus grands films de l'année

11'21

"Mektoub My Love : Canto Uno" : les critiques du Masque et la Plume

► LIRE La critique du Masque(où la façon dont Kechiche filme les culs des femmes divise)

►  France Inter est partenaire de Mekhtoub My Love

« La Prière », de Cédric Kahn

Cédric Kahn raconte ici, de manière presque contemplative, la rédemption de Thomas, un toxico de 22 ans (Anthony Bajon, primé  à Berlin), qui rejoint, dans la montagne, une communauté d’anciens drogués devenus addicts à la prière et au travail manuel. 

Ça aurait pu être un sujet pour Xavier Beauvois ou Xavier Giannoli, mais là, c’est le réalisateur du Bar des rails, de L’ennui, de Roberto Zucco, qui s’y colle. Dans ce film d’altitude, dans tous les sens du terme, on croise aussi sœur Hanna Schygulla, mais aussi Damien Chapelle et Alex Brendemühl.

7'04

"La Prière" : les critiques du Masque et la Plume

« Tesnota », de Kantemir Balagov

L’étonnant premier film d’un Russe de 27 ans, Kantemir Balagov, avec Darya Zhovner, Veniamin Kats, Olga Dragunova. 

Ça se passe en 1998, dans une petite ville du Caucase et une famille juive, qui vit entassée et tient un garage. Au moment où leur union était célébrée, le fils aîné de la famille, David, et sa fiancée, Léa, sont enlevés par la mafia locale qui réclame, pour leur libération, une grosse rançon. 

Les parents et la sœur de David, Ilana, une garçonne interprétée par la torrentielle Darya Zhovner qui travaille dans le garage, vont tenter, sans prévenir la police, de rassembler l’argent demandé. Merci de ne pas en dire davantage sur l’intrigue. C’est filmé au format carré, c’est oppressant au possible, et c’est, ne me dites pas le contraire, une révélation.
 

Michel Ciment : 

La découverte d'un très grand cinéaste

3'58

"Tesnota" : les critiques du Masque et la Plume

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