Nos critiques passent en revue l'actualité littéraire pour vous conseiller dans vos lectures ! Sur le gril aujourd'hui : "L'Outsider" de Stephen King, "Les gratitudes" de Delphine de Vigan, "Dites-lui que je l'aime" de Clémentine Autain, "La guerre des pauvres" d'Eric Vuillard…

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Pause lecture © Getty / Westend61

Avec nos critiques : 

  • Nelly Kapriélian (Inrockuptibles), 
  • Frédéric Beigbeder (Figaro Magazine), 
  • Michel Crépu (NRF), 
  • Arnaud Viviant (Transfuge) 

► Que lire ? Différents livres passés au crible des critiques du Masque & la Plume sont à retrouver ici.

"L'Outsider" de Stephen King 

Albin Michel (traduction par Jean Esch)

Tout commence par la découverte d’un petit cadavre, dans le parc de Flint City, une petite ville de l’Oklahoma. C’est le corps de Frankie, un garçon de 11 ans, non seulement violé, mais aussi en partie dévoré.  L’enquête de l'inspecteur Ralph Anderson mène à un homme respecté et respectable, Terry Maitland, prof d'anglais et coach de l'équipe de baseball. C’est d’ailleurs lui qui a entraîné le fils de l'inspecteur Anderson. Si les preuves sont  accablantes pour lui, ADN comprise, Maitland a un alibi et une vidéo le montre, à l'heure du crime, dans une autre ville, où il assistait à une conférence d’Harlan Coben. Pendant ce temps là, une détective privée, Holly Gibney, mène son enquête de son côté... Un polar qui ne serait pas signé Stephen King, s’il n'y avait en prime du surnaturel... 

8 min

"L'Outsider" de Stephen King : les critiques du "Masque & la Pume"

"Les gratitudes" de Delphine de Vigan 

Lattès 

Ce roman tourne autour d’une femme âgée qui répète que « vieillir, c’est apprendre à perdre ». Michèle Seld, alias Michka, était correctrice dans les journaux. Les mots étaient sa grande affaire. Et voici que les mots lui échappent. Victime d’aphasie, elle est placée dans un Ehpad. Marie, sa jeune voisine, vient la voir tous les jours. Et Jérôme, l’orthophoniste, s’attache à cette vieille dame qui voudrait retrouver, avant de mourir, le couple de La Ferté-sous-Jouarre qui a sauvé, pendant l’Occupation, la petite fille juive qu’elle était. Elle voudrait leur exprimer sa gratitude. Une gratitude qu’éprouve également Marie pour celle qui l’a accueillie lorsqu’elle allait mal. Ce roman est un tissu croisé de gratitudes.          

9 min

"Les gratitudes" de Delphine de Vigan : les critiques du "Masque & la Pume"

"Personne n'a peur des gens qui sourient" de Véronique Ovaldé 

Flammarion

Gloria était prête depuis tellement longtemps que lorsqu’elle a pris sa décision elle a eu besoin d’à peine une heure pour tout emporter...

Ainsi commence ce roman, dans le midi de la France. Gloria passe prendre à l’école ses filles, Stella, une ado, et Loulou, 6 ans, qu’elle élève seule. Elle les emmène en voiture dans la maison, au cœur de la forêt alsacienne et près d’un lac, où elle passait autrefois ses vacances. Elle fuit précipitamment, sans oublier d’emporter un pistolet Beretta. Qui fuit-elle, ou quoi ? Le roman plonge peu à peu dans le passé douloureux de Gloria, où l’on découvre notamment le personnage trouble de Samuel, le père alcoolique des fillettes. 

5 min

"Personne n'a peur des gens qui sourient" de Véronique Ovaldé : les critiques du "Masque & la Pume"

"Dites-lui que je l'aime" de Clémentine Autain 

Grasset 

Le livre que consacre la députée insoumise Clémentine Autain, à sa mère, la comédienne Dominique Laffin, morte en 1985, à l’âge de 33 ans. Elle avait a joué avec Gérard Depardieu, Miou-Miou et Yves Montand, tourné pour Claude Miller, Catherine Breillat, Marco Ferreri, dans La Femme qui pleure de Jacques Doillon et Garçon ! de Claude Sautet. Elle était féministe, mais posait dans Playboy. Et elle avait épousé le chanteur Yvan Autain, alias Yvan Dautin. Pas facile d’être la fille de Dominique Laffin, qui était souvent ivre morte et voulait parfois se jeter par la fenêtre. Chez la petite Clémentine, « _la honte se disputait souterrainement avec l’angoisse_. » Pour autant, le livre n’est pas un règlement de compte. Au contraire. Ce serait plutôt un chant d’amour différé.

8 min

"Dites-lui que je l'aime" de Clémentine Autain : les critiques du "Masque & la Pume"

"Edmonde" de Dominique de Saint-Pern 

Stock 

Le premier volume de la biographie romancée que consacre Dominique de Saint Pern à Edmonde Charles-Roux, disparue en janvier 2016, à l’âge de 95 ans. Un livre qui ne couvre que les années 1938-1944... En 1938, elle a 18 ans. Fille de l’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, elle serait devenue duchesse de Sermoneta, si son fiancé italien n’avait été tué, en 1940, sur le front albanais. La même année, elle échappe à la mort dans l’hôpital militaire de Bras-sur-Meuse, où elle servait comme infirmière-ambulancière de la Croix-Rouge, que bombarde la Luftwaffe. A la fin de ce volume, en août 1944, elle est engagée par le général de Lattre, qui fera d’elle l’assistante sociale de la 5e DB. Quelle vie!

5 min

"Edmonde" de Dominique de Saint-Pern : les critiques du "Masque & la Pume"

"La guerre des pauvres" d'Eric Vuillard 

Actes Sud

Texte bref d’Eric Vuillard qui a été boosté par la révolte des gilets jaunes. Celle dont parle Eric Vuillard (Goncourt 2017 pour L’ordre du jour) se déroule en 1524, quand les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer, c’est un prêcheur protestant radical, connu pour un fameux « Sermon aux Princes ». Müntzer, écrit Vuillard, « est en colère. Il veut la peau des puissants ». Il a été décapité en 1525. Il avait 35 ans...

3 min

"La guerre des pauvres" d'Eric Vuillard : les critiques du "Masque & la Pume"

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Prochain enregistrement le jeudi 4 avril au théâtre de l'Alliance Française.

► Réservation en ligne disponible 15 jours avant la date d'enregistrement, à 7h sur le site de la Maison de la Radio (places gratuites)

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