Ne poser qu’une seule question à la fois, et ne jamais lâcher tant qu’on n’a pas la réponse. Voilà la consigne qui a été donnée à Pierre, « journaliste de pacotille », comme il se présente lui-même. Et la seule question, la voici : pourquoi les gens d’ici ont-ils voté à l’extrême droite ? Ici, c’est un village, dont on ne connait pas le nom. « Le village d’ici, trois lettres, comme une île ». Très vite, on comprend qu’on n’aura pas la réponse à LA question. De toute façon, les romans ne répondent jamais aux questions, s’amuse l’auteur. Le journaliste de pacotille et son preneur de son aveugle arpentent le village d’ici, rencontrent ses habitants, mais n’en tirent pas grand-chose. Et sur ce pas grand-chose, Thierry Beinstingel construit un roman magnifique. Sa plume subtile et poétique raconte un village de l’Est de la France. Un village qui se meurt, qui semble se figer, et où la démagogie d’un discours politique sachant flatter les peurs a tout le loisir de s’épanouir.«Faux Nègres » est le titre de ce beau roman, publié chez Fayard. Un titre emprunté à Rimbaud, dont le fantôme rode dans ce recoin de Champagne Ardennes comme dans le roman.

Faux nègres
Faux nègres © / Fayard

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