En Irlande du Nord depuis deux semaines, des images qui semblent ressurgies du passé. Des jeunes qui caillassent des voitures de police, des barricades en feu, presque une centaine de blessés.

En Irlande du Nord depuis deux semaines, des images qui semblent ressurgies du passé. Des jeunes qui caillassent des voitures de police, des barricades en feu, presque une centaine de blessés.
En Irlande du Nord depuis deux semaines, des images qui semblent ressurgies du passé. Des jeunes qui caillassent des voitures de police, des barricades en feu, presque une centaine de blessés. © AFP / Paul FAITH

Cela fait quatre ans, depuis le début des négociations du Brexit que le feu couve sous les cendres. Celles du conflit nord-irlandais qui s'est terminé en 1998 par fragiles accords de paix dits du Good Friday. 

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Un conflit qui a duré 30 ans, fait 3500 morts, plus de 50 000 blessés, et dont les stigmates sont visibles partout dans des villes comme Belfast, avec ces murs qui marquent encore la séparation entre les quartiers des catholiques, partisans d'une réunification avec l'Irlande, et les protestants, loyaux  à l'Angleterre.  Une histoire connue, avec ses marqueurs : le Bloody Sunday, Bobby Sands, les attentats de l'IRA, la violence froide de Margaret Thatcher. Une histoire toujours à vif, et dont les blessures suintent encore régulièrement à la faveur de flambées de violences sporadiques.  

Un contexte explosif  

Celui du Brexit, pour lequel les loyalistes ont voté majoritairement, sans avoir vu venir la suite : le Brexit a en effet redéfini les frontières de l'Europe. Mais il n'était pas question pour l'Union Européenne, poussée en cela par l'Irlande, un de ses états membres, que ce Brexit se matérialise par l'apparition d'une frontière terrestre entre l’Irlande et l’Irlande du Nord au risque de relancer la guerre.  

L'alternative, c'est ce que Boris Johnson a accepté en arrivant au pouvoir en 2019 : un protocole qui maintient l'Irlande du nord dans l'union douanière européenne. La frontière finalement passe par la mer et  coupe l'Angleterre de sa province nord irlandaise.  

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Pour les loyalistes nord-irlandais, un coup de poignard

Une "trahison", un "lâchage de Londres", c'est comme ça qu'ils l'ont vécu. Ce Brexit leur avait pourtant été vendu comme une chance, une opportunité économique, se libérer de l'Europe et de son poids. Et par dessus, la pandémie qui arrive!  Coup terrible pour une jeunesse nord-irlandaise déjà plombée par le chômage, à qui on a fait miroiter monts et merveilles et qui se retrouve prise dans la crise économique et les restrictions liées au Covid. Une jeunesse qui a grandi dans l'exaltation des faits d'armes de la génération précédente, et qui elle, se retrouve dans l'impasse.  

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L'étincelle survient le 30 mars, lorsque la justice nord irlandaise décide de ne pas poursuivre des responsables du Sinn Fein -  le grand parti indépendantiste nord irlandais - qui s'étaient rendus aux obsèques d'un cadre de l'IRA pendant l'été au mépris des règles sanitaires. La goutte d'eau pour tous ceux qui ont vu là le sentiment d'une justice à deux poids deux mesures en faveur des indépendantistes.  

C'est l'embrasement: nuits d'émeutes, violences, appel au calme de toutes les parties, et Londres dépêche en urgence son ministre chargé de l'Irlande du Nord sur place. La situation n'est pas prise à la légère.  D'autant que les groupes paramilitaires unionistes ont menacé de se retirer des accords de paix si ce protocole douanier n'était pas abandonné. 

Risque de radicalisation des unionistes

La mort - quasi providentielle dans ce contexte - du prince Philip a permis une accalmie, les unionistes voulant observer un temps du deuil pour marquer leur attachement à Londres et à la couronne. En coulisse, pendant ce temps, on négocie.  L'UDP, le parti unioniste nord irlandais sait qu'il joue sa survie en ce moment. En forte baisse, ce n'est plus le faiseur de roi qu'il était encore lors de précédentes élections générales.  

Cette vulnérabilité radicalise les unionistes au moment où Londres pourrait être tenté de laisser tomber cette Irlande du nord qui finalement lui pèse peut être plus qu'elle ne lui rapporte...  Revient alors évidemment, comme à chaque fois qu'on évoque le conflit nord-irlandais, l'écho de la chanson de U2, Sunday Bloody Sunday . Dedans cette phrase, "there's many lost but tell me who has won", " il y a beaucoup de perdants, mais dis moi, qui sont les vainqueurs?"  Plus de 20 ans après les accords de paix, la question n'est toujours pas réglée..

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