En proie aux troubles depuis la réélection contestée l'été dernier d’Alexandre Loukachenko, la Biélorussie s’enfonce dans la répression et l'isolement.

Le 2 mars, manifestation à Minsk pour protester contre les emprisonnements et les intimidations d'opposants.
Le 2 mars, manifestation à Minsk pour protester contre les emprisonnements et les intimidations d'opposants. © Radio France / STRINGER/AFP

Un écran noir, un signal coupé: celui d’Euronews, chaîne d’information européenne diffusée en 14 langues, dont le russe, langue dans laquelle elle était jusqu’alors diffusée dans le pays. 

La raison officielle de cette interdiction ? Des publicités en anglais non traduites en russe, expliquent les autorités biélorusses, qui ont annoncé dans la foulée que le canal occupé par Euronews sera bientôt attribuée à une télévision qui diffusera essentiellement des programmes dédiés à la Russie et son histoire militaire. 

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Voilà donc le dernier rebondissement de ce bras de fer qui oppose à travers ce petit état l’Union Européenne et la Russie.  

Car Euronews était le dernier média d'information non contrôlé par l'état à être diffusé en Biélorussie. Une fenêtre sur l'Europe, évidemment, qui se ferme pour les dizaines de milliers de personnes qui s'opposent à la mainmise de la Russie sur leur pays. 

Loukachenko: 27 ans de pouvoir

Ancienne république soviétique enclavée entre la Russie, la Pologne, l’Ukraine et les pays baltes, la Biélorussie, indépendante depuis 1991, est dirigée depuis 1994 par Alexandre Loukachenko. 27 ans de pouvoir. 

Sa réélection, aux résultats jugés frauduleux, a jeté des milliers de personnes dans la rue l’été dernier. 

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Pendant les mois qui ont suivi, des manifestations d'une ampleur sans précédent ont eu lieu quasiment chaque weekend. Des manifestations sévèrement réprimées par la police. Des milliers de personnes arrêtées et les meneurs de la contestation ont été emprisonnés ou contraints à l'exil. 

L’Union Européenne n’a pas reconnu les résultats de cette élection Après avoir tergiversé pour laisser une voie à la médiation, elle a fini par adopter trois trains de sanctions contre le régime et contre Alexandre Loukachenko lui-même, qui a été inscrit sur la liste noire

Résultat : aucun effet sur un éventuel allégement de la répression. Et le soutien affiché de Vladimir Poutine conforte évidemment Minsk. 

Le bras de fer se joue sur tous les plans, y compris celui de la musique. Il y a deux semaines, la Biélorussie était exclue de l’Eurovision.

Le pays avait choisi d’être représenté par une chanson au titre assez évocateur : « je vais t’apprendre »… 

Sous-entendu plus explicite dans les couplets : « je vais t’apprendre à rentrer dans le rang »

Les organisateurs ont estimé que cette chanson enfreignait les règles du concours, qui interdisent toute instrumentalisation politique. La Biélorussie s’est offusquée, disant que la chanson faisait référence à une fable sur des lapins et des poulets, mais sans convaincre. 

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Vers un second souffle?

La répression ne fait que s’accentuer dans le pays. 

Les journalistes sont expulsés, le pays se ferme, les opposants sont réduits à s'exiler, en Pologne ou en Lituanie, comme l'adversaire d'Alexandre Loukachenko aux élections, Svetlana Tikhanovskaïa, la figure de proue du mouvement. 

Face aux coups portés par le régime biélorusse, les opposants ont tenté ces dernières semaines de redonner du souffle à leur mouvement, disparate et peu organisé. 

Ils s'inspirent des méthodes de l'opposant russe Alexei Navalny, diffusent sur les réseaux sociaux des vidéos sur l'origine de la fortune de Loukachenko, essaient de mobiliser, de sensibiliser l'opinion publique internationale. 

Il y a deux semaines, le conseil des droits de l'homme des Nations-Unies les a entendus en condamnant avec fermeté la dérive biélorusse, et en réclamant de nouvelles élections

Mais le jeu est dangereux. Personne n'oublie le précédent ukrainien, avec pour conséquence l'annexion de la Crimée par la Russie. 

Une plaie béante pour l'Europe, qui ne veut pas revivre ça en Biélorussie. 

Ce qu’Alexandre Loukachenko a bien compris pour en jouer au maximum.

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