Après le décret anti-immigration signé par Donald Trump samedi dernier, la sphère scientifique et high-tech réagit avec des propositions et des prises de parole.

Une manifestation contre la politique migratoire de Trump, à Miami, mardi
Une manifestation contre la politique migratoire de Trump, à Miami, mardi © Maxppp / GIORGIO VIERA

Comment lutter contre le décret anti-immigration de Donald Trump ? Pour la communauté scientifique une solution se profile : arrêter d'organiser des conférences aux Etats-Unis. C'est en tout cas la proposition formulée par Andrew Ng. Ce chercheur américain est le responsable scientifique de Baidu, l'équivalent de Google en Chine, et dès lundi sur Twitter il a appelé à "déplacer nos conférences autre part (...) la science doit être ouverte à tous".

Déjà une pétition en ligne propose de déplacer une conférence sur l'intelligence artificielle prévue à la fin de l'année à Long Beach en Californie. Ce qui est possible puisqu'elle change de pays hôte régulièrement.

Le positionnement des géants du numérique scruté

Uber en a fait les frais ce week-end : le service de VTC a dû faire face à un appel au boycott, avec le hashtag #DeleteUBER. Samedi, entre autres manifestations, les chauffeurs de taxi new-yorkais de confession musulmane ont provoqué volontairement un blocage, qui a suscité un pic de demande chez Uber... en général en cas de forte demande les prix augmentent ; dans ce cas précis le service a coupé cette majoration, une façon de briser le mouvement mal vue par les utilisateurs.

Or, au même moment l'application concurrente, Lyft, annonçait un don d'un million de dollars à l'ACLU, la plus grosse association de lutte pour les droits civiques. Des centaines d'utilisateurs ont basculé d'Uber à Lyft pour cette raison. Pour se rattraper Travis Kalanick, patron d'Uber, a annoncé un fonds de 3 millions de dollars pour aider les chauffeurs coincés à l'étranger. Mais pas sûr que ce soit suffisant : Kalanick va intégrer un Forum stratégique composé de 16 patrons qui vont conseiller Trump sur sa politique économique.

Un danger pour la Silicon Valley

Une grande partie des salariés de ces entreprises innovantes viennent de l'étranger. C'est le cas par exemple du fondateur de PayPal, Max Levchin, né en Ukraine, ou encore de Steve Jobs, dont le père était Syrien, comme l'a rappelé le nouveau patron d'Apple, Tim Cook. Celui-ci a par ailleurs affirmé, ce mercredi, que la firme à la pomme allait lancer une action en justice contre ce décret.

Parmi les plus engagées on trouve aussi Google : le géant de la recherche sur le web a annoncé la création d'un fonds de deux millions de dollars, plus deux millions donnés par les employés de Google, qui ont presque tous participé à des manifestations devant leurs locaux lundi, que ce soit à New York, à San Francisco ou à Mountain View, le siège historique de Google, où le cofondateur Serguei Brin, né en URSS et venu aux Etats-Unis à l'âge de six ans a pris la parole.

A côté de ces actions fortes, comme celle d'AirBnb qui propose des logements gratuits à ceux qui sont bloqués hors des Etats-Unis, d'autres se voient reprocher d'avoir fait le minimum syndical, comme par exemple Tesla (dont le patron Elon Musk va lui aussi intégrer le Forum stratégique économique) ou Facebook.

Le rôle de Facebook toujours en question dans l'élection de Trump

Près de trois mois après l'élection, le rôle exact du réseau social reste flou : une étude d'un magazine allemand fait ressortir un test conçu par un étudiant de Cambridge qui permettait dès 2008 de prédire vos traits de personnalité à partir de vos likes Facebook. Or Trump a fait appel à une agence qui a repris à son compte ce modèle de prédiction. En clair, les équipes Trump auraient scanné les profils de 220 millions d'américains pour trouver les plus enclins à voter Trump : le soir du troisème débat présidentiel, 175.000 messages différents ont été postés par les équipes, chacun destiné à un profil type différent.

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