L'actualité du monde numérique est très américaine ce mercredi, alors que la Silicon Valley s'inquiète de nouvelles annonces de la Maison Blanche.

Selon le MIT, chaque robot introduit sur le marché du travail conduit à la destruction de six emplois.
Selon le MIT, chaque robot introduit sur le marché du travail conduit à la destruction de six emplois. © AFP / Dominik Reuter

La Silicon Valley face aux nouvelles mesures de l'administration Trump

La Maison Blanche a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre les abus dans la délivrance des visas de travail H-1B, ceux qui sont destinés aux étrangers "qualifiés ou spécialisés", et qui sont plébiscités par les entreprises du numérique. En théorie 85.000 sont délivrés chaque année, mais les autorités soupçonnent des fraudes.

Pour Washington cela se fait au détriment de "trop d'employés américains qualifiés, motivés et méritant de travailler dans ces domaines ont été ignorés ou injustement désavantagés". Décision : il y aura donc des contrôles inopinés dans les entreprises soupçonnées d'abuser de ces visas. Or 70% des développeurs informatiques des géants du web sont étrangers.

"Ils font la même idiotie qu'avec le Muslim Ban", estime l'entrepreneur et enseignant Vivek Wadhwa. "Ca n'a pas de sens ! Pourquoi est-ce qu'on veut perdre ces jeunes qui sont brillants ? Ils vont rentrer dans leur pays d'origine, ça va nous pénaliser au profit du reste du monde", explique-t-il. Pour les nouveaux et les renouvellements ce sera d'autant plus compliqué que les programmeurs informatiques sont désormais exclus de ce visa... et qu'une entreprise qui veut recruter un employé étranger devra prouver qu'elle n'a pas d'autre choix.

Quelle est l'influence des robots sur le travail ?

La question de la disparition de l'emploi au profit des robots est d'actualité, y compris dans la campagne présidentielle française : le bureau de recherches économiques américain, qui dépend du célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT), a observé l'évolution du marché du travail de 1990 à 2007. Il en a tiré la conclusion suivante : à chaque fois qu'un robot est introduit dans une industrie, il conduit à la suppression d'un peu plus de six postes dans la zone géographique concernée. Au total 670.000 emplois ont été détruits par la robotique aux Etats-Unis.

Et ça va encore au-delà : à chaque robot introduit pour 1.000 travailleurs, le salaire moyen subit une baise jusqu'à 0,5%. Les raisons de ce constat, c'est qu'un robot n'a pas que des conséquences sur le poste qu'il menace, mais aussi sur toutes les économies qui dépendent de l'industrie en question.

Les déboires d'un sous-traitant d'Apple

Imagination Tech, c'est l'entreprise qui fournit notamment les puces graphiques intégrées à l'iPhone... mais plus pour très longtemps.. Apple est en train de développer ses propres puces graphiques pour ses smartphones. Or pour Imagination, Apple est un très gros client : jusqu'à 50% de son chiffre d'affaires. Conséquence immédiate : l'action Imagination Tech a dévissé à la bourse de Londres, avec un cours en baisse de 79% à l'ouverture lundi matin. Aujourd'hui l'entreprise vaut à peu près autant en bourse qu'il y a sept ans.

Le cours de l'action Imagination Tech a plongé lundi
Le cours de l'action Imagination Tech a plongé lundi © Capture d'écran Google

Ironie du sort : ce n'est pas Apple qui a mis le feu aux poudres... mais les responsables d'Imagination eux-mêmes, en annonçant le désengagement à venir dans un communiqué lundi matin.

Les drôles de stratégies d'Uber pour faire travailler ses chauffeurs

Cc'est une longue enquête disponible sur le site du quotidien américain New York Times et qui est étoffée de témoignages de chauffeurs mais aussi de petits graphiques qui ne sont pas sans rappeler de bons vieux jeux vidéo...

L'enquête schématise les gains pour les chauffeurs et pour l'entreprise
L'enquête schématise les gains pour les chauffeurs et pour l'entreprise © Capture d'écran New York Times

Et ce n'est pas un hasard parce qu'on découvre dans cette enquête que Uber utilise un savant croisement d'analyse psychologique, d'algorithmes mathématiques et de pratiques issues du monde du jeu vidéo pour se rendre addictifs. Il y a par exemple des systèmes de d'objectifs et de gratifications, à la manière des badges à obtenir dans les jeux. Mais aussi des invitations à se rendre vers une zone où il y a plus de demande avec une voix féminine... voix féminine parce que la majorité des chauffeurs sont des hommes.

Réponse d'un porte parole de Uber : "Les chauffeurs peuvent s'arrêter de travailler d'un simple appui sur un bouton, la décision ou non est la leur"... Sauf que le service s'inspire aussi de Netflix : le service de streaming lance la lecture d'un nouvel épisode pendant le générique du précédent. Uber, lui commence à chercher la prochaine course dès les dernières minutes de la première, de sorte qu'arrêter une session de travail demande plus d'effort que de continuer.

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