Sur le continent numérique cette semaine : Facebook malmené, la nomination du monsieur numérique de Trump, Peter Thiel, et le rapport "Freedom on the net" sur la surveillance.

Facebook, acteur impartial de l’information?

Les dernières vagues provoquées par l’élection de Trump se font encore sentir : Facebook est mis au ban des accusés et ce pour deux raisons. La première, abondamment discutée ces derniers jours, c’est le fonctionnement intrinsèque de Facebook qui ne favorise pas l’exposition à des avis contradictoires. La seconde, c’est la fâcheuse tendance de Facebook à colporter des informations totalement fausses, mais à fort potentiel de viralité.

Et sur cette deuxième question, Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook a été sommé de s’expliquer. Voici sa réponse, un peu bafouillée, pour celui qui -on s’en souvient- s’était clairement déclaré favorable à Hillary Clinton :

Et pourtant, depuis cette déclaration qui a suivi immédiatement l’élection de Trump, plusieurs informations sont remontées, qui tendraient à récuser cette affirmation. En effet, chose très rare dans le monde extrêmement feutré de la Silicon Valley, des employés de Facebook ont révélé au site Gizmodo que les plus hauts échelons hiérarchiques de Facebook avaient bien repéré l’importance croissante des informations racoleuses et mensongère dans le News Feed de Facebook. Face à la recrudescence de ces problèmes, une équipe technique avait même planché sur un nouvel algorithme qui fasse le tri.

Il n’a pas été mis en place, à cause d’une affaire qui remonte au printemps.

A ce moment-là, on apprenait que les Trending Topics (les sujets les plus discutés sur le réseau) n’étaient pas choisis par des algorithmes, mais par des humains. Or, ces sujets mis en avant était souvent défavorables aux Républicains. Tollé chez les conservateurs contre Facebook, qui face à cette contestation a décidé de ré-équilibrer cette section, mais qui à l’inverse a décidé de ne pas toucher à l’algorithme du News Feed.

Et donc face à ces nouvelles allégations, Facebook a été obligé de réagir, en supprimant les publicités mensongères de son feed. Message entendu à moitié donc du côté de Facebook, qui a fait un petit pas en n’acceptant plus d’argent de la part d’annonceurs disséminant de fausses informations.

Néanmoins, il est peu probable qu’on en reste là puisqu’une partie des employés de Facebook a d’ores et déjà dit qu’ils contestaient (de façon anonyme bien entendu) la ligne de leur direction, et travaille déjà à un algorithme moins biaisé, on ne peut qu’espérer qu’il soit fin prêt pour l’élection présidentielle de 2017 en France.

Peter Thiel, cofondateur de PayPal, est le nouvel homme fort de la politique numérique de Trump

Peter Thiel a une nouvelle fois vu juste. Une nouvelle fois parce qu’il faut reconnaitre à Peter Thiel un certain flair. En cofondant PayPal en 1998, il a compris très vite que les moyens de paiement en ligne allaient se développer. Puis il a été le premier investisseur de Facebook, en août 2004! En misant contre absolument tous les techies de la Silicon Valley sur Trump, il a une nouvelle fois vu juste, et remporte une mise considérable, puisqu’il a été nommé dans le comité de transition du président-élu et devient celui qui murmure à l’oreille du smartphone de Trump.

Qu’est-ce qu’on peut attendre de sa part en matière de politique numérique?

La question qui va arriver très vite sur la table de Peter Thiel c'est celle de ce qu’on appelle la neutralité du net. Pour rappel, la neutralité du net, qu’est-ce que c’est?

C’est un principe, un principe très simple selon lequel tous les sites et tous les contenus doivent être accessibles à égalité. C’est pour éviter d’aboutir à un Internet à plusieurs vitesses comme en Inde par exemple, où vous pouvez vous connecter gratuitement à Internet via Facebook, mais si vous voulez accéder au reste du web, vous devrez payer.

Ca semble plutôt logique et c’était en effet un axe majeur de la politique numérique d’Obama, qui avait fait de ce principe un symbole de son attachement à un numérique égalitaire, et bien, tout laisse à penser que Trump va révoquer rapidement ce principe.

La liberté d’expression sur Internet recule, c’est une tendance lourde

Le dernier rapport « Freedom of the net », qui fait autorité en la matière, vient de paraître, et il n’est pas très bon. C'est un triste constat, pour la 6e année consécutive, la liberté d’expression sur Internet recule. Cette tendance s’est donc accentuée cette année, car vient s’ajouter à la censure des gouvernements sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter, une surveillance accrue des applications d’échanges, à commencer par WhatsApp et Telegram. Le rapport considère que pas moins de 67% de la totalité des internautes vivent dans des pays où la censure est présente.

Les deux pays les plus numériques d’Europe et du monde d’ailleurs sont l’Islande -où le parti pirate a fait de très bons scores aux dernières élections présidentielles- et l’Estonie. La France est 9e, et la fin du peloton est composé sans surprise par l’Iran, la Syrie et la Chine.

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