Collectif Voina, 4 juillet 2008
Collectif Voina, 4 juillet 2008 © Radio France / Pregero

A l'époque de l'URSS, un concours de blagues avait été organisé, avec quelques années de goulag à la clé... Aujourd'hui, on rit toujours en Russie, mais de quoi et de qui? L'humour est un miroir et un outil, au service du peuple mais aussi...du pouvoir!

La Chronique DVD de Joël Chapron:

L'Ironie su sort, d'Eldar Razianov, sorti dans les salles en 1975, et en DVD (Ed. Films sans frontières):

Comme tous les ans des amis, hommes, sont allés aux bains la veille du nouvel an. Ils ont bu beaucoup, peut-être plus que d’habitude, puisque l’un d’eux, le très sérieux chirurgien Jenia, âgé d’une trentaine d’années, enterre sa vie de garçon. Ils ont tellement bu qu’ils reconduisent à l’aéroport non pas celui qui habite à Léningrad, mais le moscovite Jénia, tout endormi. A son arrivée à Léningrad, encore à moitié endormi, il monte dans un taxi qui le conduit à l’adresse indiquée. Il entre dans un immeuble puis dans un appartement en tout point pareils aux siens (c’est l’uniformité soviétique...) et croyant être chez lui se jette sur le lit. Quelques minutes plus tard entre la vraie propriétaire des lieux, qui attendait son fiancé peu sensible à l’humour de la situation. Et si cette rocambolesque rencontre éclairait les antagonistes sur leurs véritables sentiments et leur faisait découvrir le véritable amour ?

Les Montagnes bleues, d'Eldar Chenguelaia, sorti dans les salles en 1984, et en DVD (Ed. Rusisco):

Un jeune romancier hante la maison d’édition dans laquelle il espère faire publier son roman Les montagnes bleues. Plein d’une juvénile ardeur, il distribue son manuscrit à tout le personnel du comité de lecture : il reçoit un accueil favorable, tous s’empruntent le manuscrit, dont le nombre d’exemplaires est insuffisant, pour le lire le soir même. Mais constamment entravés dans leur « méditation littéraire » par les multiples problèmes matériels qui retardent leur travail, les employés ne lisent rien et recréent dans leurs bureaux un univers rassurant où leurs petites occupations personnelles envahissent le temps du travail. Le directeur général fait face à tous les problèmes, d’intendance, d’édition et de repas d’affaires avec un imperturbable sang-froid, et une inefficacité qui semble justifier l’incompétence générale. Le jeune écrivain erre toujours dans les couloirs, en quête d’un avis sur son œuvre, que personne n’a lue, que tous ont perdue, et d’une décision du comité de lecture qui, enfin réuni, ne parvient qu’à approuver le titre, et s’en remet, pour le contenu, à une improbable instance supérieure. La situation matérielle s’aggrave, l’immeuble, dont les murs sont attaqués à la fois par le terrain de motoball voisin qui les ébranle, et par la construction d’un métro qui ruine leurs fondations, s’effondre au moment où un cortège d’invités de marque vient boire et danser avec l’élite intellectuelle du pays ! Tous se sauvent sous les gravats, éperdus, mais liés enfin par une solidarité, que le seul instinct de conservation mobilise…

__

Les invités
Les références
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.