Il y a 20 ans, on ne sait pas souhaité bon siècle ou bon millénaire, mais bons vœux et bonne année, comme tous les ans. Alain Rey nous explique d'où viennent toutes ces expressions. Retour le 1er janvier 2001.

Carte de voeux
Carte de voeux © Getty

Pour une fois, la vie politique et la vie quotidienne s'expriment par le même mot qui est tourné vers l'avenir et vers le bon vouloir. C'est bien sûr le mot veut mot très ancien. Usé par le temps et qui se disait "Vod" il y a dix siècles, car il était issu du latin votum. On reconnaît le mot clé des élections le vote, arrivé en France, après un détour en Angleterre. 

Voeux fut d'abord un terme religieux, lui, qui exprimait la promesse faite à Dieu d'accomplir un acte méritoire. De là vint l'idée du souhait, qui est un peu moins qu'une aide. Un souhait, c'est une sous aide, en fait, une simple volonté, mais sans action, volonté qu'arrivent les choses agréables aux proches et aux autres. Cette année, l'expression traditionnelle bonne année, donc, ne suffit pas. Mais bon siècle ou même bon millénaire, c'est un peu long comme temps. En outre, ne pouvant pas resservir, ces expressions n'ont guère de succès. Et c'est normal. 

Pour revenir à la volonté d'un avenir heureux qu'exprime ce mot voeux, il est passé du ciel sur la terre à une époque pourtant très pieuse, le 17ème siècle. On dit alors les vœux pour les souhaits de la nouvelle année, date qui marque une ponctuation de la vie sociale. On parle d'ailleurs encore de vœux pieux, mais ce ne sont pas les plus utiles, pour reprendre le mot clé des vœux du président, précisément. 

On a continué à échanger les vœux entre soi, bien sûr, autour de soi, mais aussi lorsqu'on a des responsabilités politiques pour l'ensemble d'une communauté. Jusqu'aux vœux nationaux adressés à tous les Français et Françaises. 

C'est beau, les vœux. Mais ce n'est pas toujours sans arrière pensées. Les vœux écrits du premier ministre dans La Presse, publié quelques heures avant les vœux parlés, enregistrés radio et télé diffusés du chef de l'Etat, ont été interprétés comme un épisode conflictuel de la cohabitation, ce qui montre que les vœux réciproques d'adversaires politiques ne sont pas encore d'une actualité brûlante. 

Les vœux du pouvoir sont simplement du bon vouloir, de la bienveillance, tandis que du côté des citoyens, il y a le vote qui lui, est un acte. Un mot peut donc en cacher un autre. Derrière. Bons vœux, on peut entendre discrètement : Bon vote. 

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