Les légendes s’écrivent au fil du temps, et celle de la reine incontestée de la Soul, Aretha Franklin, n’est pas encore figée. Son histoire et sa portée continuent de se révéler au-delà de cette impressionnante armée de tubes.

La chanteuse, pianiste et auteure-compositrice Aretha Franklin, dans le documentaire Amazing Grace de  Alan Elliott, et Sydney Pollack.
La chanteuse, pianiste et auteure-compositrice Aretha Franklin, dans le documentaire Amazing Grace de Alan Elliott, et Sydney Pollack. © AFP / Acres & A Mule Filmworks 40 Acres & A Mule Filmworks / Collection ChristopheL

Dans l’histoire de la musique, Aretha reste l’artiste féminine qui a vendu le plus de disques vinyles mais, disparue il y a seulement deux ans, à 76 ans, Aretha a encore des choses à nous dire. 

Avant la sortie du biopic Respect, prévue d’ici la fin de l’année, un documentaire diffusé ce vendredi sur ARTE nous éclaire sur le sens de ces sept lettres :

Plus que tous ses autres hits d’Aretha, Respect incarne l’incroyable synthèse qu’a réalisée la fille du pasteur C.L Franklin.

Bien sûr Respect, c’est d’abord l’histoire d’un renversement ou comment transformer le petit manuel de domination masculine enregistré deux ans plus tôt par Otis Reding en masterclass féministe ! Car au départ Respect c’est quand même ça :

Ma jolie tu es plus douce que le miel / et je vais te donner tout mon argent / tout ce que je te demande quand je rentre à la maison / c’est du respect

"Tout ce que je demande c’est un peu de respect quand TU rentres à la maison" chante Aretha, et elle ajoute le célèbre "Sock kit to me" qui signifie en argot de Détroit "balance tout ce que t’as" sous-entendu "quand tu reviens chéri t’as intérêt à me chatouiller le bijou".

Affirmation des droits et des désirs féminins, Respect va devenir un hymne féministe qui dépasse la diva de Détroit. Sortie en 1967, l’année qui a vu les émeutes raciales embraser l’Amérique, Respect devient le slogan du combat des afro-américains et le cri de tous les dominés.

La destinée du titre n’est pas non plus éloignée des convictions d’Aretha Franklin car comme le rappelle le documentaire, signé France Swimberge, Aretha Franklin sera toute sa vie engagée pour la défense de la communauté noire. Soutient de Martin Luther King, c’est aussi elle qui proposera de payer la caution de la militante "Black Panther" Angela Davis. 

Respect, grâce à Aretha parvient, au-delà des discours et des concepts, à créer un point d’intersection entre les combats féministes et antiracistes, entre le particulier et l’universel, entre le sacré et le profane. 

Soul Sister est déjà disponible sur ARTE TV et sera diffusé ce vendredi 5 septembre à 22H25.

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