Après le succès historique de "Bohemian Rhapsody" sur Freddie Mercury et Queen, le genre est à la fois en plein essor et en pleine crise. La formule est éculée.

Rami Malek dans le film "Bohemian Rhapsody"
Rami Malek dans le film "Bohemian Rhapsody" © Twentieth Century Fox

Le reconfinement a entraîné une cascade d’annulations dont le très attendu biopic de Valérie Lemercier sur Céline Dion.  

"La petite biquette", Céline Dion, rebaptisée Aline Dieu, est incarnée à l’écran par Valérie Lemercier qui rêvait de transposer le destin de la star québécoise. Prévu ce mercredi la sortie d’Aline est reportée, et s’ajoute à la longue liste des biopics musicaux qui devraient (un jour) arriver en salles. 

Avec 900 millions de dollars de recettes au box-office mondial et des ventes démultipliées pour le groupe Queen : le succès historique de Bohemian Rhapsody a forcément donné des idées. 

Le problème c’est que la formule du biopic musical est éculée et Bohemian Rhapsody, malgré l’incroyable performance de Rami Malek en Freddie Mercury en est l’illustration parfaite. La scène que l’on vient d’entendre avec le producteur cynique qui ne comprend rien à l’art se trouve à peu près dans toutes les déclinaisons du genre.  

Sans oublier le moment où en persévérant, face à tous ces obstacles, "l’artiste" connaît enfin le succès tant attendu !

La bande-annonce de Stardust sur David Bowie qui sortira fin novembre en VOD pourrait être celle du biopic de n’importe quelle autre icône musicale. D’ailleurs on n’y trouvera même pas les titres originaux de Bowie puisque son fils s’y est opposé. Voilà donc un genre à la fois en plein essor et en pleine crise. 

Pour échapper à cette dérive il faut changer l’équation, casser les codes un à un. C’est ce qu’avait tenté le réalisateur Todd Haynes en 2007 avec I’m Not There où Bob Dylan est interprété par six acteurs différents, dont une femme, Cate Blanchett.

Puisque que chez Dylan comme chez Rimbaud "je est (vraiment) un autre" le procédé avait du sens. Et changeait des mono-performances à Oscar.

Autre réinvention du genre Love and Mercy en 2015 sur le génie des Beach Boys : Brian Wilson.

Soudain les chefs d’œuvres ne sortent pas d’un coup, comme par enchantement, ils sont contextualisés, ici la compétition avec les Beatles, et la démarche créative apparaît enfin. Essayer encore, rater encore, rater mieux. Jusqu’à trouver le divin chemin.

Pas sûr que comme Love and Mercy, les prochains biopics musicaux, celui d’Aretha Franklin par exemple (reporté en août 2021), sauront casser le moule. 

L'équipe