Juliette Gréco n’est plus mais ce qu’elle a ouvert en nous demeure. Les plus grands poètes, écrivains et chansonniers l'avaient compris : Gréco fait sauter les verrous.

Juliette Gréco en 1962
Juliette Gréco en 1962 © Getty / REPORTERS ASSOCIES

Flinguer le jour du seigneur en 1950 faut le faire ! Avec Je hais les dimanches, sur un texte d’un certain Charles Aznavour, Juliette Gréco brise un tabou et change la vie. Elle n'a que 23 ans.

Gréco n’était pas seulement cette « femme libre », que tout le monde salue aujourd'hui, c’était une «  femme qui libère »  ! Comme dans, Je suis comme je suis, cette chanson signée Jacques Prévert. Un manuel de savoir-libre. 

1951, Je suis comme je suis est le premier album de Gréco et la note de liberté qu’elle tiendra toute sa vie. 

Figure d’émancipation du Saint-Germain-des-Prés d’après-guerre, la « rose noire » restera cette voix qui défie et qui ose. Qui ose assumer son désir par exemple et qui donne même le mode d’emploi, dans la chanson, Déshabillez-moi. 

Écrite par Robert Nyel et la compositrice Gaby Taylor en 1967, Déshabillez-moi prend un peu d’avance sur Mai 68.  

À l’enregistrement, Juliette Gréco en finit pour de bon avec « la femme-objet » et ajoute cette réplique décisive : 

Déshabillez-vous !

Un impératif qui bouscule des interdits souvent intériorisés. Juliette Gréco libère par les mots. 

Et elle ne « libère » pas seulement les femmes. Au fond, c’est le rapport de domination au sens large qui est sans cesse dépassé, et tout le monde a à y gagner.  

Dans ce combat, Juliette Gréco a fait des poètes, ses alliés et inversement. Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Jacques Brel et plus tard Étienne Roda-Gil, Christophe Miossec ou Benjamin Biolay : tous ont compris qu’écrire pour elle, c’est ouvrir des possibles.   

Signée Benjamin Biolay en 2003 et portée par le pianiste de Brel, Gérard Jouannest, dernier mari de Juliette Gréco, Comme si de rien était est une merveille. 

« En rêvant d’impossible, au fond du cœur, possible » dit la chanson. C’est ce courage universel que transmettait Gréco. Et qu’elle transmettra toujours. Même après la mort. D’ailleurs, même pas peur, elle lui chante J’arrive

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