Il est une sorte de Johnny des années 2020, le succès international en plus. Damso est reconnu pour sa sincérité crue voire pornographique. Dans ses textes, il ouvre grands ses plaies et son cœur sombre. Marqué par la guerre en République Démocratique du Congo, puis le racisme et la violence à Bruxelles.

Damso (ici aux Victoires de la musique, en février 2019)
Damso (ici aux Victoires de la musique, en février 2019) © AFP / Thomas SAMSON

Dans "Intro", placé en clôture de son nouvel album, Damso réécrit la légende de Faust. Et il le fait avec son style : "le sale". Il a sodomisé le diable et refusé ce pacte où le talent baisse et "y a plus que l’image qui vend". 

Message reçu : ce nouvel album, "QALF" (pour "Qui Aime Like Follow"), n’était pas là pour plaire. Le résultat ne fait pas l’unanimité mais le succès est immédiat : le jour de la sortie de l’album, Damso devenait l’artiste francophone le plus écouté au monde sur la plateforme Spotify. 

Pourtant le disque est très déstabilisant... Chantée façon "Gangsta Laurent Voulzy", avec des embardées dans les aigus, la chanson "911" et l’album flirtent ouvertement avec la variété. D’ailleurs Damso compose aussi pour Kendji Girac et Louane. C’est que le rappeur type n’existe plus.

Le rap est la musique la plus populaire, comme jadis le rock, et il recouvre une infinité de styles et de parcours. 

Alors qu’est-ce qui caractérise Damso ?

Le phénomène Damso tient en particulier au récit trash de ses impasses sentimentales dans lesquelles le public se reconnait. Résultat plus de 90 millions de vues pour sa "Macarena".

Cette veine sentimentale et brutale, cette alliance de dénonciation radicale et d’égo trip : c’est la force de Damso. Comme dans ce titre "Cœur en miette" en duo avec l’icône féministe antiraciste Lous and the Yakuza. 

Comme le dit Damso lui-même, "le rap aujourd’hui c’est devenu de l’ADN plus qu’une identité musicale" : celui de Damso est si bien identifié qu’il peut tout se permettre. 

Les titres de Damso évoqués dans cette chronique

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