Les débuts furent difficile : le tournage du film démarre en Tunisie le 22 mars 1976, puis doit déménager aux studios d'Elstree dans la banlieue de Londres. En découvrant le premier montage du film, Lucas est en état de choc. Il le trouve désastreux et demande au monteur de le retravailler. Mais celui-ci refuse..

Réplique du casque de Stormtrooper de 1976
Réplique du casque de Stormtrooper de 1976 © Getty / Slaven Vlasic

Lucas décide alors de le renvoyer et engage à sa place Richard Chew, Paul Hirsch et sa propre femme Marcia Lucas. Les monteurs utilisent alors au maximum les meilleures prises pour rendre le film moins « traditionnel et plat ». 

Lucas obtient ensuite que la sortie de son film soit repoussée de Noël 1976 à l'été 1977

Cela lui laisse du temps pour intégrer les effets spéciaux réalisés par sa société de production. Mais en découvrant que les techniciens ont dépensé la moitié de leur budget pour la réalisation d'une seule scène, Lucas s'effondre. Il se fait hospitaliser croyant être victime d'une crise cardiaque. Les médecins diagnostiquent seulement de l'hypertension artérielle et lui recommandent moins de stress. Le réalisateur s'oblige alors à superviser lui-même les techniciens pour redoubler l'effort et finir à temps les effets spéciaux. 

Dès le premier film, il apparaît qu'un clivage oppose clairement une presse élitiste qui déteste, d'une presse plus populaire qui adhère, tout en considérant parfois que le scénario est faible.

Les archives 

  • Pour les moins de 20 ans  : petit retour en arrière direction le festival de Deauville le 11 septembre 1977 où il est question d'un film "sommet de la science-fiction"

Sophie Dumoulin : 

Je crains que le public français soit un peu déçu après le battage fait autour de ce film et du succès auprès du public américain. Déçus seront en tous les cas ceux qui ne vont pas au cinéma que pour admirer des prouesses techniques. Les autres applaudiront sans réserve !

Le Masque et la plume passe à côté :

  • Bien d’autres sont aussi passés à côté du phénomène Star Wars, voici un extrait du Masque et la Plume du 23 octobre 1977. Le critique Jean-Louis Bory : 

"C'est le genre de film pour lequel, il faut se refaire une âme d'enfant toute fraîche, ce à quoi, nous réussissons très bien. Dès que je vois des robots qui tombent amoureux les uns des autres, je trouve cela très bien ! 

La Guerre des étoiles est une énorme machine à l'américaine. Dans la pub, on nous indique les millions de dollars que cela a coûté. Et c'est visible sur l'écran, c'est déjà rassurant. Ensuite, il faut se laisser aller dans cette superproduction remarquablement bien faite, où l'on commence par s'amuser beaucoup. 

Mais lorsqu'on y réfléchit, on finit par y trouver des tas de choses. Ce qui est intéressant, c'est la reconduction de tous les ingrédients de la littérature chevaleresque et populaire qu'on a transplanté dans le monde de la science-fiction : le bon et le méchant, qui est le chevalier noir d'une planète maléfique dans laquelle, le héros blanc va essayer de s’introduire, vous avez une princesse... 

Il y a un duel fantastique avec des rayons lasers, non ce n'est pas du néon ! 

Georges Lucas reprend des thèmes contemporains comme l'écologie  : le héros est un fermier macrobiotique dans une ferme complètement bidon. Mais bien sûr, il va faire tomber la princesse, c'est gros comme une navette intersidérale ! 

Ces deux-là auront tout bientôt plein d'enfants qui seront des enfants intergalactiques ! [...] 

Ce qui m’inquiète, c'est que d'après ces messieurs, on va vers un monde fasciste. Un fascisme noir qui est représenté par les vilains, le chevalier qui est coiffé comme une sorte de samouraï dans sa planète qui est vaincue par un fascisme blanc. C'est Nuremberg en matière plastique blanche ! [...]"

Michel Perez : 

"C'est un film qui sort de la BD comme Flash Gordon ou Prince Vaillant. Mais aussi à partir d'émissions télévisées que l'on donne au jeune public américain depuis des années : des séries et des vieux films hollywoodiens. La Guerre des étoiles est donc conçu comme un épisode de la seconde guerre mondiale sur le totalitarisme en faveur de la démocratie. [...]

Le gros du public ? Ce sont des adolescents de 20 ans qui voient le film avec de la marijuana en poche. 

C'est un film planant, une immense machine psychédélique. 

Mais c'est un film qui joue uniquement sur les effets visuels. C'est absolument prodigieux ! [...] C'est un bombardement visuel permanent qui ne renvoie à aucune réflexion. Il n'y a aucun point de vue critique. |...]

Le sujet de ce film est plus intéressant que celui des films de "grands fonds" (films sans intérêt destinés à faire beaucoup d'entrées), mais je les rapproche parce qu'ils ont le même impact physique. Ils sont techniquement extraordinairement bien faits. Ces films-là sont peut-être un peu dangereux, peut-être pas d'un point de vue moral, mais d'un point de vue politique parce que les films deviennent des objets de consommation."

  • France Inter plus redescend sur terre en décembre 2019 pour explorer la rediffusion de deux numéros de Pop And Co de Rebecca Manzoni : "La saga vue par les oreilles", charte lexicale châtiée de ce récit chevaleresque et la fabuleuse bande son de Star Wars ou l’invention du métier de designer sonore. 
  • Nous retrouvons nos compères du Masque et la Plume 5 ans après, pour la sortie du « Retour du Jedi » : leurs plumes seront-elles aussi aiguisées ? 

Star Wars ? 

Star Wars, c’est trois trilogies de trois épisodes donc neuf en tout, mais pas sortis dans l’ordre !! La première trilogie, les épisodes 4, 5, 6 sont sortis entre 1977 et 1983, puis entre 1999 et 2005 ce sont les épisodes 1, 2, 3 appelés Prélogie et enfin, la troisième trilogie sort entre 2015 et le 18 décembre 2019 avec la sortie de L'Ascension de Skywalker. 

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