Jean-Louis Trintignant est invité pour la sortie du film Happy End de Michael Haneke. C'est sa deuxième collaboration avec le cinéaste autrichien. Le comédien évoque son travail avec le réalisateur et son type de cinéma proche du Nouveau Roman.

Jean-Louis Trintignant en mai 2017 au Festival de Cannes
Jean-Louis Trintignant en mai 2017 au Festival de Cannes © AFP / LOIC VENANCE

Après Amour (Palme d'Or au Festival de Cannes, César du Meilleur acteur pour Jean-Louis Trintignant), l'acteur est de nouveau à l'affiche du dernier film de Michael Haneke, Happy End, qui sort ce mercredi 4 octobre en salles. Il y interprète Georges, le grand-père suicidaire d'une famille bourgeoise de Calais, les Laurent. Renfermée sur elle-même, refusant d'ouvrir les yeux sur la crise des migrants, la famille est perturbée par les secrets et les névroses de ses membres.

Au programme ce soir : son retour au cinéma, sa collaboration récurrente avec Michael Haneke, mais aussi Nouveau Roman, et son passé d'acteur « joli »…

Extraits de l'entretien

Jean-Louis Trintignant : "D'abord, j'aime beaucoup le nouveau roman. Ce sont des actions. Et puis, il n'y a jamais d'états d'âme. On n'est pas en train de se plaindre, ce que je fais beaucoup dans la vie. Le nouveau roman, c'est ne donner jamais d'explications psychologiques. Ne pas dire ce qu'on ressent. Une fois, j'ai improvisé un texte comme ça qui parlait beaucoup de mon personnage. C'était dans Amour. Et alors je lui ai dit 'Ça vous plaît?' Il m'a dit 'C'est bien, mais ce n'est pas ce que je demande dans le film. Ce n'est pas votre histoire, vos problèmes à vous'. C'est là aussi que j'ai compris que il était nouveau roman."

Laurent Goumarre : Quel metteur en scène, selon vous, qui vous a vraiment fait grandir ?

"Alain Cavalier. Je crois que c'est le premier film. Ce devait être en réalité, le 50ème, mais c'est le premier film ou j'étais quand même pas mal, mieux que dans les films d'avant. J'ai tourné plein de films qui étaient pas très intéressants. Vous savez, quand on doit tourner un film avec un metteur en scène, on ne sait pas grand chose, sinon le scénario. Mais souvent, on ne lerespecte pas parfaitement. J'ai été souvent déçu, mais j'y croyais, sauf peut être un ou deux films que j'ai faits pour l'argent."

Vous pensez à Angélique ? 

"Oui, Angélique je l'ai fait pour payer mes impôts." 

C'est donc Merveilleuse angélique en 65, qui lui permet de payer des impôts. Jean-Louis Trintignant y jouait aux côtés de Michel Mercier, le rôle plutôt délicat d'un poète crotté. C'est cette période "acteur joli", comme il dit. 

C'est bizarre ce que vous dites que vous étiez joli, pas beau, joli.

"Oui, c'était en même temps que Delon et Delon était beaucoup plus beaux que moi. Il était magnifique Delon. Quand j'ai commencé, ça marchait très fort. J'étais le nouveau James Dean. Il n'a pas fait beaucoup de films. Mais qu'est ce qu'il était bien. Je ne sais pas si c'était mérité. Enfin, j'aurais bien aimé être James Dean, même si j'avais dû avoir un accident mortel." 

Et aussi

En live ce soir, brome, le projet du multi-instrumentiste Nantais Timothée Demoury, installé à Berlin, pour un mix de ses racines françaises avec les rythmiques originelles d'Afrique.

Son nouvel album Grand bois, est une cérémonie vaudou, peuplée d'esprits. Une expérience à vivre ce soir avec deux titres : « La Cité » et « Tu veux mourir ».

Programmation musicale :

  • KATERINE – « Où je vais la nuit »
  • BROME – Live 1 : « La Cité »
  • BROME – Live 2 : « Tu veux mourir »
  • FRÀNÇOIS AND THE ATLAS MOUNTAIN – « Apocalypse à Ipsos »
Les invités
L'équipe