Belmondo sur tous les fronts : deux documentaires à la télé et une bio en préparation...

Jean-Paul Belmondo au Festival de Cannes 1974
Jean-Paul Belmondo au Festival de Cannes 1974 © AFP / AFP

Avec

  • Nicole Calfan, comédienne
  • Laurent Bourdon, journaliste. Auteur de Définitivement Belmondo(Ed Larousse)
  • Bruno Sevaistre, documentariste Film Arte - "Belmondo, le magnifique" - diffusé dimanche 03 septembre à 22h50
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On a tous notre Belmondo, quel est le votre ?

Nicole Calfan : "Mon Belmondo? Je l'ai rencontré pour la première fois, je venais d'être engagé à la Comédie-Française et on m'a dit qu'il y avait un film qui s'appelait Marseille 1830. À l'époque, il y avait les télégrammes encore. Je me suis fait faire des anglaises par le coiffeur du français. J'ai dormi avec la tête sur la table de nuit. Le lendemain, j'ai fait des essais. Jacques Deray m'a dit : 'Mais vous êtes venus en calèche' et j'ai dit : 'Non. Je suis venu en Austin' parce que je venais de passer le permis de conduire. J'ai rien compris. Et je n'ai vu que des jeunes filles plus belles les unes que les autres qui étaient coiffée à la Louise Brooks. En fait, c'était Marseille 1930 qui est devenu Borsalino. Donc, j'avais déjà tout faux. 

Mais mon premier souvenir, mon premier regard sur Jean Paul et sur Alain Delon et sur Jacques Deray, c'est de les voir tous les trois, avec leurs fauteuils marqués de stars. Moi, j'étais sur une petite scène et on m'a demandé de me mettre de profil. Comme on était très en retard, on ne m'a maquillée que d'un côté. Donc j'ai eu beaucoup de mérite de décrocher le rôle de Ginette dans Borsalino.

Sur le tournage avec Belmondo je ne parlais que de Raymond Girard (acteur, professeur d'art dramatique et ami de Belmondo). Et je lui demandais de me réciter l'exercice de diction de Raymond Girard. Tous les élèves de Raymond Girard, même ceux qui n'étaient pas de la même génération, connaissent La ballade de Chalclintlicuc"

Bruno Sevaistre : "J'ai une préférence pour peur sur la ville de Verneuil. C'est peut être l'âge auquel je l'ai découvert. Vous disiez qu'on a tous quelque chose de Belmondo. Pour moi, c'est ça. C'est un des premiers films que j'ai vraiment découvert, où je me suis un peu ouvert au cinéma. Et en plus, je crois que c'est le premier rôle de flic de Jean-Paul à l'écran." 

Laurent Bourdon : "J'ai passé quatre ans avec Belmondo avec ce bouquin. Et c'est en regardant un film que je n'avais jamais vu de Belmondo, qui n'est jamais sorti en salles parce que c'était produit par un organisme très proche de la CGT. Il y a eu des soucis à la sortie. C'est évidemment Les copains du dimanche qui est son premier premier film. Et il y a tout Belmondo là. Il a 26 ans, il est rifter dans une usine aéronautique. Le dimanche, avec des copains, ils veulent faire voler un vieux coucou. Et quand ils commencent à voler, il est tout content. Il fait une cabriole. Et puis, il est sympa. Et puis, on a vraiment une empathie pour ce personnage qui déjà dit à un moment : 'Je sais que j'ai une sale gueule, j'ai un gros nez. Mais bon...', il y a déjà tout Belmondo là, la sympathie, le personnage, le bel mondisme, comme l'a théorisé Madeleine Chapsal plus tard.  

Et il chante. Il chante On n'est pas là pour se faire engueuler que Boris Vian venait d'écrire. Et ensuite, il chante une chanson qui, dit on, peut tout faire avec ses dix doigts. Il faut d'abord les sortir de ses poches." 

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Dans Charlotte et son Jules, court métrage réalisé par Jean-Luc Godard, le réalisateur a substitué sa voix à celle de Belmondo

L'affaire de l'affiche de Borsalino

Le clash entre les deux amis survient à la sortie du film pour une histoire de noms, sur l'affiche comme sur le générique. Le nom de Belmondo figure bien devant celui de Delon, comme l'impose l'ordre alphabétique, mais la mention Adel Productions présente a été remplacée par une production Alain Delon. Delon est donc cité deux fois. Jean-Paul poursuit son ami en justice pour contrat non respecté.

Bruno Sevaistre : "Ils ont été amis et ils le sont toujours. Jean-Paul pardonne toujours une erreur, mais jamais une trahison. Là, pour le coup, il ne s'agit pas évidemment d'une trahison, mais plutôt d'une erreur. On l'a fait passer pour une diva Jean-Paul, mais il a une notion du contrat, un contrat est un contrat. Je pense que ça arrive souvent. Mais voilà, les deux hommes restent définitivement amis." 

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Le dernier tango

Nicole Calfan : "On tournait Le casse et on était en studio avec Verneuil parce qu'il nous restait trois jours à faire. Bertolucci est venu avec son scénario. J'étais à la cantine avec Jean-Paul, on était face à face et il a dit 'Voilà, je voudrais vous avoir tous les deux dans le dernier tango à Paris. Il n'a pas posé beaucoup de questions Jean-Paul, il a dit : 'Est-ce qu'il y a des scènes érotiques' et Bertolucci a répondu : 'Ce n'est pas des scènes érotiques, c'est un film sur le sexe'. Et Jean-Paul a dit : 'Ni la petite ni moi, on le tournera ton film'. "

Laurent Bourdon : "On peut préciser pour ceux qui voudraient voir les fesses de Belmondo, il n'y a qu'un film où on les voit, il sort de la douche et on le voit bien de dos. Avant A bout de souffle, il avait tourné avec Claude Chabrol A double tour. C'est la seule fois. Il est d'une pudeur extrême."

Le producteur

Bruno Sevaistre : "C'est suite à l'échec de Stavisky. Il est laminé à Cannes, sifflé par la salle. Dans la foulée il devait tourner M. Klein avec Losey. Meurtri, il renonce, et tout d'un coup, il se lance dans des films un peu plus commerciaux et créé Cerito avec René Chateau.

C'est René Chateau qui a inventé le logo. Il a craqué sur le logo du syndicat Force ouvrière FO. Il reprend la même typo que Force ouvrière. Et il le garde. À partir de Peur sur la ville. C'est du jamais vu dans le cinéma, son prénom disparaît. C'est vraiment la période dite commerciale. 

Itinéraire d'un enfant gâté, le tournant

Nicole Calfan : "Il a très bien expliqué pourquoi c'était un tournant. C'est la première fois qu'il accepte de pleurer à l'écran

Laurent Bourdon : "Il avait repris le théâtre. C'est en le voyant au théâtre que Lelouch est allé le voir dans sa loge après une représentation de Kean et lui propose ce film. Il est dans une période sûrement un peu différente de tout l'enchaînement des Guignolo etc, il a fait unepause. Il est revenu au théâtre après 28 ans. Et il se dit quand même si je reviens au cinéma, c'est quand même pas pour aller tourner encore le énième Le solitaire de Jacques Deray. Il s'est un peu reproché de l'avoir fait."

Il reçoit un César pour ce film, qu'il ne viendra pas chercher. Bruno Sevaistre a deux explications : "La raison principale, c'est que Jean-Paul a toujours dit que finalement, le seul jury qu'il acceptait finalement, c'est le public. Et moi, la théorie que je développe dans mon récit, c'est qu'en fait son père, Paul Belmondo, le sculpteur, avait été vivement critiqué par César, le sculpteur compresseur et que Jean-Paul a un sens inné de la famille, ses origines siciliennes n'y sont pas étrangères."

Laurent Bourdon : "Il a souvent dit également que le seul prix qui lui tenait à coeur, c'est celui qu'on ne lui a pas donné au concours du Conservatoire et que ça l'a mortifié toute sa vie."

La programmation musicale :

  • MADNESS - My girl
  • Eddy De PRETTO - Fête de trop
  • DIAGRAMS - Wild grasses
L'équipe